J'ai déjà évoqué ici mon goût prononcé pour les films d'arnaques et de braquage. Double séance de rattrapage ces derniers jours avec 2 films de genre.

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Le dernier gang, qui «s'inspire» de l'histoire du gang des postiches. Ce gang commit une vingtaine de braquages dans les années 80 avec un mode opératoire qui ne pouvait que finir au cinéma : ils débarquaient déguisés avec perruques et moustaches ; une moitié du gang tenait en otage les clients et le personnel de la banque, l'autre moitié s'installait dans la salle des coffres pour les ouvrir méthodiquement et tranquillement. La bande disparaissait alors dans la nature avec billets, lingots et bijoux… La légende raconte qu'il pouvait faire plusieurs banques dans une même journée. Le film est sympa, bien mené avec une bonne reconstitution de la fin des années 70 et les années Mitterrand. Vincent Elbaz est plus que crédible en chef de gang. Du bon spectacle !

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Mais ce qui est plus intéressant avec ce film, c'est la remise en lumière de ce fait divers de plus de 20 ans et de son principal protagoniste : André Bellaïche. Le film «s'inspire librement» des faits. Et pour cause ! Le  cerveau du gang n'a jamais été officiellement désigné, jugé et condamné. Alors que tout le monde (juges, flics, politiques, médias) sait que c'est lui : André Bellaïche. Il a certes été arrêté, jugé et condamné à 10 ans de prison mais pour d'autres chefs d'accusation et acquitté d'une peine de mort par contumace. Il est libre depuis une dizaine d'années, tient commerce de CD et Dvd dans Paris, vit toujours avec sa femme compagne de cavale pendant 12 ans, et vend maintenant «son» histoire dans un bouquin au titre tordu, Ma vie sans postiche. Il fait les plateaux TV avec une dialectique d'embrouille rare et ne comptez pas pour qu'il vous dise si oui ou non il était du gang. Fascinant et inquiétant sur les failles d'un système judiciaire qu'un «cerveau» a fini par enfumer. (allez faire un tour sur DailyMotion).

Quant au butin caché des braquages ? Mystère…

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Neuf Reines, de Fabián Bielinsky. Un petit bijou du cinéma argentin sorti en 2000 et qui a raflé un paquet de prix, dont le Grand Prix au festival du polars à Cognac en 2002. Le pitch est simple : 2 petits arnaqueurs se rencontrent par hasard à la suite d'une embrouille qui tourne mal dans un station service. Ils s'associent 24 heures pour monter une grosse arnaque : vendre Les neuf Reines, un planche très rare de 9 timbres à un collectionneur de passage à Buenos Aires. Qui baisera qui ? C'est tout le principe de ce genre de film…

Est-ce parce que j'aime trop ce type de films et leurs modes d'écriture que j'ai deviné au bout de 15 minutes qui allait niquer qui ? Peu importe, et comme Bellaïche ne comptez pas sur moi pour vous vendre la mèche ! Peu importe donc, car je me suis vraiment régalé à voir cette étrange course à la montre à multiples tiroirs, rebondissements, personnages divers et variés. Un truc construit à l'américaine mais qui ne fait pas américain. Un film d'Amérique du Sud, mais qui ne fait pas local non plus. On se laisse totalement embarqué par le propos, les 2 rôles principaux sont remarquablement bien interprétés – avec une petite mention pour le malfrat débutant qui ne se souvient plus pendant tout le film d'un air de Rita Pavone – et la réalisation est au cordeau pour un premier film.


Eh ? c'est quoi déjà la chanson… ?
Ah oui, Rita Pavone !

Il ballo del mattone.

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