Télescopage bizarre. Les Inrocks viennent de sortir un numéro spécial : The Beatles, le groupe du siècle. Si ce hors-série n'apporte rien de nouveau pour le fan, il présente l'avantage de soulever le capot de l'œuvre du groupe, titre par titre (rien que pour ça je vous le conseille) et permet de comprendre comment les fab4 ont créé ou préempté toutes «les recettes» de la pop aux niveaux artistique et «industriel» : écriture de tubes interplanétaires en premier lieu, mais aussi méthodes de production, design, cinéma, marketing, relations presse…

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Si c'est eux qui ont gagné le ponpon de «groupe du siècle», et pas une autre formation comme il y en avait des centaines presque similaires à Londres ou ailleurs en 1960, c'est aussi parce ces 4 types (5 au départ) avaient probablement des racines plus «abimées» : le père de John part quand il a 2 ans, il est élevé par sa tante et sa mère meurt renversée par un bus ; à 14 ans Paul voit sa mère balayée par un cancer ; quant à Ringo, jusqu'à 13 ans il enchaîne coma et pleurésie et se retrouve en échec scolaire. Et surtout ils avaient des liens «d'armes» qu'ont a rarement à 20 ans : lâchés à à peine 18 ans (17 pour George) à Hambourg (Allemagne) ils se sont bouffés pendant 2 ans des séries de concerts rock, plus proches du punk et bien avant l'heure, défoncés aux amphétamines et à la bière dans des bars à putes pour marins torchés et petits truands. 

La pop, comme le rock, est un truc qui naît aussi dans la «douleur».

Télescopage donc. Je lis aussi Rock&Folk et sa chronique disques avec beaucoup d'attention. Et comme chaque mercredi avec les Inrocks, chaque mois dans R&F, ça ne rate pas, je tombe sur une pépite.

La pop, la pure, celle nourrie aux Beatles et à la souffrance existe toujours. Daniel Johnston. C'est lui…

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Dans le circuit depuis 30 ans, plutôt underground chez nous, plus connu outre Atlantique, né avec les Beatles (1961), caissier dans un fast food, dessinateur et dépressif avec plusieurs séjours en hôpital psychiatrique au compteur, il enregistre ces premiers titres et albums sur un magnéto à cassettes et les duplique pour qui en veut. Un vingtaine d'albums plus tard – produits dans des conditions plus que limites – ce véritable song writer, avec une voix d'ado dans un corps qui porte manifestement de nombreuses souffrances, nous offre enfin un album écrin avec une poignée de titres comme on n'en pond plus depuis belle lurette (High Horse, Freedom, Without You…).

De la pop, de la vraie, de la pure. De la brute.

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Daniel Johnston - Is And Always Was
On clique sur pochette pour écouter. Son Myspace ICI

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