Des lustres que je ne suis pas venu gratter un truc sur ce blog couvert de poussière, et v'là'ti pas que je découvre que quand j'ai le dos tourné, chez Canalblog, ils refont tout : nouvelle page d'accueil, nouvel interface et a priori nouvelles fonctions. P'tain ces cons ils vont finir par me donner envie de rebloger… Bon on verra.

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En attendant et avant de prendre mon TGV pour Nîmes, 2 petits trucs. Puisqu'on parle de Nîmes, restons y, et j'en profite pour saluer le travail d'exploratrice de la nîmoise Marieaunet qui vient de publier une vidéo surprenante.

Magnéto Serge :

Comme quoi, il n'y a pas de petites économies au royaume de Mickey. Cela dit, cela ne me fera pas changer d'avis. Les films de Disney sont ce qu'il y a de plus parfait sur le plan de l'animation, de véritables prouesses techniques, de la 3D avant la 3D, avec la technique du multiplans qui donnait cette profondeur de champ à l'image et parfois l'illusion stupéfiante de mouvements de caméra dans l'espace - je pense à un travelling à travers le village dans Pinocchio . Depuis, désolé, mais on n'a pas fait mieux en animation classique. Surtout aujourd'hui, suivez mon regard vers l'est…

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OK, on n'en a déjà parlé 25 fois déjà à la télé et sur les blogs. Mais ici, c'est chez wam et je dis ce que je veux ! Ce matin, donc, dans la CB Newsletter, une notule sur cette affaire puisque le ton monte.

Rappel, à l'occasion de l'exposition Jacque Tati à la Cinémathèque, une affiche reprenant la célèbre image de Tati-Hulot sur son Solex avec sa fameuse pipe a été "corrigée" par Métrobus, la régie de la RATP, au nom de la Loi Évin qui interdit la publicité pour la cigarette. Le ton monte puisque La Société des Réalisateurs français et le Syndicat de la Critique de Cinéma dénonce "un révisionnisme insupportable touchant l’art et la culture" et exige de la RATP qu'elle refasse une campagne non "censurée". Je ne veux pas faire de peine à la Société des Réalisateurs et au Syndicat de la Critique, mais c'est plutôt mal barré, pour une raison simple : les ayant-droits de Jacques Tati ont donné leur accord et c'est eux qui ont choisi le moulin à vent. C'est Métrobus qui le dit tout simplement…

Cela dit, je rejoins la position du Syndicat qui rappelle que "Métrobus a présenté une image détournée et altérée qui porte atteinte à l’intégrité  et à l’esprit de l’oeuvre de Jacques Tati, ce qui constitue une infraction prévue dans le code de la propriété intellectuelle".

Métrobus a eu un comportement nul dans cette histoire. Ils ont surinterprété les textes et ils se réfugient derrière un argument fumeux (oh, ho…), je cite : "En l’état actuel de la législation, Métrobus rappelle qu’une photo ou une image même historique ou artistique change de statut dès lors qu’elle est utilisée pour une publicité - ce qui est le cas ici - elle devient alors un matériel publicitaire et entre dans le cadre de la loi. Une position que partage l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité (ARPP) (cf interview de Jean-Pierre Teyssier, Président de l’ARPP sur LCI le 16 avril 2009)." Ah bon ? Change de statut ? Alors, il faudra m'expliquer pourquoi dans les contrats régissant les relations entre agences et annonceurs on consacre un chapitre entier à la propriété intellectuelle, aux droits d'auteur et d'image…

Roselyne Bachelot, ministre, trouve que Métrobus en a peut être fait un peu trop fait et Claude Évin, auteur de la fameuse loi, a trouvé tout ceci ridicule et que cette image était un "patrimoine culturel"…

Pour terminer, dois-je rappeler que Métrobus est une filiale du groupe Publicis, et que là sur ce coup, ils ont franchement manqué d'humour. Ce qui est un  peu con pour Tati, non ?

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