Nostalgie. La télévision n'est qu'un éternel recommencement. Cette semaine j'ai vu Laurent Boyer fraîchement arrivé sur France 3 faire le pitch de sa nouvelle émission, Midi en France : du lundi au vendredi il s'installe en direct dans une ville de province pendant la tranche 12/15h (de mémoire) avec son équipe de chroniqueurs. Au programme : découverte, vie pratique et variétés. Bien. Flash back. Années 60/70. ORTF. Danielle Gilbert s'installait avec son équipe et ses invités dans une ville, en direct. Ça s'appelait Midi Trente, puis Midi Première

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Il parait que c'est dans les vieilles casseroles que l'on fait la bonne cuisine…

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Je dois être dans une période nostalgie. Cette télé des années 70 était certainement plus bon enfant et moins stressée par des trucs comme Médiamétrie, le satellite, le câble, la TNT ou l'Internet. Et pour cause… En fait, j'ai parfois des crises de nostalgie sous la douche. 10 minutes où je pense à tout et n'importe quoi ; genre l'idée ou le concept pour un client, sur lequel je rame, et là, paf, ça vient. Et puis des fois c'est un autre PAF qui jaillit. L'audiovisuel. L'autre matin, va savoir pourquoi, j'ai repensé à mon passage à la télévision quand j'avais 15 ou 16 ans. J'avais gagné un concours de dessin animé organisé par l'émission Un sur Cinq. Un show qui s'installait tous les mercredis après-midi sur Antenne 2. C'était les années 70, et à cette époque 1 Français sur 5 avait moins de 20 ans. D'où le titre. Sur un plateau créé, produit et animé par Patrice Laffont, autour de la table une équipe de chroniqueurs cinéma, musique, nature, science, société… enchaînaient sujets, invités et variétés. Bref, Nulle Part ailleurs ou Le Grand Journal 15 à 20 ans avant…
J'ai été faire un tour sur le site de l'INA, dans le stupide espoir d'y retrouver ma prestation aux cotés de Gabriel Cotto, chroniqueur animation et cinéma de l'époque. Comme l'INA n'a pas jugé (à tort, à mon avis…) utile d'offrir aux internautes imposture modèle 70's, je me suis contenté de ce moment historique de l'histoire du PAF : la première télé de Philippe Manœuvre.

The_Clash_London_calling

Moment magique ! Philippe Manœuvre est plus ou moins coaché par Freddy Hausser (paix à son âme) qui est juste l'inventeur des émissions de rock avec notamment «Jukebox», et ceci bien avant Antoine De Caunes. Et puis surtout, il y a le groupe présent : The Clash. Ils sont là, probablement à faire leur première télé française, limite à se faire chier. C'était ça la «fraicheur» du direct bon enfant. Pas de promo, de vente, que dis-je ? de survente. Ici c'est à la bonne franquette. À tel point que personne, ni Manœuvre, ni Patrice Laffont qui fait passer une question vaseuse, et encore moins Freddy Hausser, ne semble imaginer une seconde que sur le plateau se trouve l'un des plus grands groupes de toute l'histoire du rock ; un groupe qui va signer, London Calling, le 8eme album au classement des 500 meilleurs albums de tous les temps établi par le magazine Rolling Stone et un collège de 273 personnalités du rock, de la musique et des médias.

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