21 novembre 2008
La Civilisation du Rien (Réclame bis)

Nous sommes en 2008. Sir Tom Jones a 68 ans.
Il revient avec un nouvel album pop funk et soul comme on n'en fait plus. C'est élégamment démodé, sublimement kitsch, totalement seventies. Une époque où la visiotéléphonie était un truc presque comique genre Cosmos 1999 avec ses héros fringués en survêtements Karting, les réseaux informatiques un délire évoqué dans des ouvrages de science fiction… Quant aux concepts de Iphones ou de SMS, franchement qui y aurait pensé ?
Magnéto Youtube. Nous sommes en 2008. Et j'adoOore…
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20 novembre 2008
La Civilisation du Rien (Réclame)
Ce que j'aime dans le grand Rien, c'est le recyclage du n'importe quoi.
Ça se passe chez Valérie qui fait des crêpes et ça me fait mourir de rire !
(On clique sur l'image…)
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16 novembre 2008
La Civilisation du Rien (interlude)
10 novembre 2008
La Civilisation du Rien (3)
C'est bien connu, la mode est un éternel recommencement… À croire que l'être humain à toujours besoin de revenir vers des repères. N'est-ce pas une façon de se rassurer face au temps qui passe, à l'issue fatale qui nous guette tous ?
Oulala ? T'es où imposture ? Ça va merci, je pense à des trucs, c'est tout, merci…
Revenons à nos histoires d'Internet. Ce fameux nouveau média.

«Le média est message» nous déclara Marshall McLuhan. En d'autres termes, c'est le fond (contenu) combiné à la forme (le média) qui forment le message. Une peinture est une peinture, un film, un film, et une émission est une émission de télévision. Et par extension un site ou un blog resteront un site ou un blog. Du virtuel. Donc du rien…
Je peux voir des tas de peintures via Google, mais si je veux apprécier le travail de la matière, de l'huile ou de l'acrylique, la vraie dimension d'une toile, ou coller mon nez sur un détail, je pourrai toujours me rendre au Louvre ou dans une galerie. Et pour un vieux Kubrick ou Orson Welles la cinémathèque me proposera des cycles de rattrapage. On me dira que je pourrais aussi également voir tout ça sur le réseau. C'est précisément là où se situe la confusion générale, cette illusion collective dans laquelle on se berce depuis une bonne dizaine d'années. Juste une erreur de définition : confondre tuyau et média.
Quand j'étais petit on m'a appris la liste des médias : presse, affichage, radio, cinéma et télévision. On ne m'a jamais parlé du télégraphe, du télex, de la poste et encore moins du téléphone. Et pour cause, il ne s'agit que de moyens de communication.
McLuhan, toujours, pensait au tout début des années 60 que nous quitterions la Galaxie Gutenberg pour la Galaxie de Marconi. Face à l'essor de la télévision et de la radio, les nouvelles technologies de l'époque, la diffusion de la presse s'écroulerait. Il s'est exactement passé le contraire dans les pays anglo-saxons où les presses quotidienne et de magazine se sont fortement développées en servant souvent de modèle pour l'Europe. Cela continue encore, je citerai juste l'exemple de GQ, magazine masculin de qualité né aux USA dans les années 60 et qui a débarqué l'an dernier en France.

Alors Internet ? Média ou tuyau. Tuyau indiscutablement. Et plus ça va, plus j'ai tendance à croire qu'il n'y aura jamais de Galaxie Web. Tout au mieux de grands groupes qui survivront confortablement et remodèleront à leur sauce tout ce joyeux bazar de pages perso, de blogs, de sites de rencontres ou de commerce, moteurs, annuaires et messageries. Google Communication & Advertising, en attendant une nouvelle technologie qui viendra à son tour tout ébranler et donner un coup de balai en Bourse.
Les crises boursières, comme la mode sont un éternel recommencement.
Ce qui caractérise un média, à mon sens, c'est sa forme, mais aussi sa capacité à laisser une trace. Gutenberg est toujours vivant. Pour preuve, il suffit d'observer le nombre de titres nouveaux qui fleurissent dans les kiosques et l'avalanche de nouveaux bouquins à chaque rentrée littéraire. Un bouquin reste et restera. Quid d'une animation flash quand la technologie aura disparu, car elle disparaîtra obligatoirement.
C'est là que l'on touche le paradoxe de l'Internet avec ses possibilités créatives qui semblent sans fin (technologies de programmation en perpétuelle évolution, hyperliens, RSS, tags, flux divers et variés, communautés, etc.) pour des contenus qui ne font que recycler ce qui a été déjà créé, publié, diffusé par ou grâce aux 5 autres médias. Ceux de la vrai vie, touchables, palpables, présents dans notre environnement quotidien depuis des centaines d'années pour certains. Un seul exemple : le boom des sites de partage de vidéos comme Youtube et Dailymotion, machines à recycler et diffuser des bouts de films, des clips, des spots et de vieilles émissions de TV. Je n'avais pas vu depuis 25 ans un épisode de Titus le petit lion. 2 clics sur Dailymotion et hop c'est fait. Titus 2.0 pour autant ?
Est-ce que demain il existera un Youtube de l'animation flash, du billet de blog, du spam, du PowerPoint kikoo lol que l'on se passe ? Permettez-moi d'en douter légèrement…
La culture propre de l'Internet est ainsi par nature celle du rien. Et c'est aussi la culture du Rien qui nourrit la Civilisation du Rien.
Car le Net, persuadé d'être un média, est bercé depuis sa naissance par une autre grande illusion : celle du tout gratuit. Mais ça, comme dit Titus le petit lion, c'est une autre histoire…
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08 novembre 2008
La Civilisation du Rien (2)
Bah oui, pourquoi continuer à écrire sur un blog qui de toutes les façons est condamné à disparaître ?
Mes premiers contacts avec l'informatique remontent à environ 25 ans. De ces contacts, ou plutôt de ce que j'ai créé, imaginé et programmé - truc genre jeu de casse-briques où la raquette était formée de signes «_» côte à côte, la balle représentée par un «o» et les briques dessinées avec des «M» - que reste-t-il ? Rien. Dans le meilleur des cas, un listing jauni et une archive du fichier sur une disquette Floppy. Quelle belle affaire ! Imaginons qu'on trouve un lecteur de Floppy. Rien que le brancher et le faire tourner par un PC ou un Mac relèvera de l'exploit. Ensuite il faudra trouver un compilateur Fortran IV pour rendre exécutable le programme. Bref du truc de geek de chez geek !!!
Caricatural l'exemple ? Prenons en un autre qui va éclairer le sens de ma pensée.
La France a finalement inventé le concept des sites Internet, des messageries et des sites de culs. Si ! Si… Souvenez-vous de ce machin qui trônait dans nos salons au milieu des années 80 :

Ou puis-je maintenant consulter 3615 ULLA qui sponsorisait le film de nichons du dimanche soir sur M6 ? À part des émulations sur des sites spécialisés pour nostalgiques de ces pages Minitel aussi sexy que les premiers essais de mon fiston sur son Télécran…
Je poursuis ?
Que reste-t-il des wagons de pages persos du début de l'Internet pondues par des pionniers du HTLM ? Des adresses url fantômes qui pointent sur des disques encombrés chez Lycos (par exemple…) sur lesquelles nous tombons au hasard d'une requête Google. La souris vous glisse des mains devant tant de créativité graphique et je glisse sur le contenu. Sauf que Lycos, qui n'est pas une entreprise caritative et encore moins le musée du web, finira bien un jour par débrancher ses disques et ces pages disparaîtront à tout jamais.
Les pages persos 1.0 victimes du web 2.0. ?
Nous y voilà.
Que reste-t-il de visible, de palpable, consultable et de lisible sans interface, traducteur, émulateur ou matériel et installation compliqués de tout de ce qui a été écrit, dessiné, échangé sur les pages Minitel, puis les pages du Web 1.0 ? Paradoxe de la disparition virtuelle. Les révolutions du virtuel ne laissent aucune trace.
Un dessin reste sur une feuille de papier. Une photo, même numérique, survivra peut être sur un tirage papier, et un enregistrement sonore sur une K7, un CD ou un lecteur mp3. Quant aux écrits ils ont encore les livres…
Oui, finalement mon ego m'incline plus à m'efforcer d'écrire des bouquins qui resteront quelques jours sur une étagère de la Fnac et surtout dans les bibliothèques des lecteurs, de mes amis, ma famille, mes enfants et, qui sait, mes petits enfants…
Cette dématérialisation intrinsèque des blogs, des pages Facebook, des magasins et médias online, mais aussi des relevés de comptes, de la correspondance, des réservations d'avions et de trains, des factures…, qui obéit à des idées louables comme la rapidité des échanges, la convivialité, l'économie de timbres, de papier et donc la protection de l'environnement, nous conduit à un rien général.
Dans mes projets littéraires j'ai un roman qui raconte une panne totale et générale d'électricité, «La Panne» (j'en ai publié temporairement quelques pages ici). En quelques jours la situation devient catastrophique pour ne pas dire apocalyptique. L'électricité, l'Internet, l'informatique et par corollaire la dématérialisation de presque tout sont les responsables des malheurs des protagonistes de cette fiction.
Fiction ?
Pas tant que ça. Depuis une petite dizaine d'années j'ai le loisir – si j'ose… - d'observer des séries de comportements et de situations du quotidien ou à l'échelle de la collectivité que me poussent à penser que nous avons basculé dans la Civilisation du Rien.
Certains de ces comportements ou situations sont caricaturaux, presque comiques, et d'autres sont à pleurer tellement on a atteint des sommets de débilité et d'irresponsabilité. Quant à savoir où nous conduit cette Civilisation du Rien ? Dans le mur ou vers de profondes mutations de la société et de l'être humain… Je me garderai bien de répondre.
Finalement, je vais continuer à écrire un peu ici.
Vu que c'est rien…
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07 novembre 2008
La Civilisation du Rien (1)
# p o u f #
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05 novembre 2008
La Civilisation du Rien (prélude)
De toute façon ce blog est condamné à disparaitre. Comme tous les autres d'ailleurs. C'est certain. Mais quand ? Mystère et boule de gomme.

Alors pourquoi perdre du temps à écrire dessus… ?
To be continued…
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