Derrière le Paravent Suèdois

Derrière le Paravent Suédois se cache un imposteur qui se fait passer pour une imposture… Donc zéro + zéro égal la tête à Toto…

28 novembre 2009

Rien. Long Life To Pop & Rock #2

Un peu las d'une semaine sous pression pour cause d'une grosse consultation. Un peu las de l'Internet Mondial comme dit ma charmante HDA, de la vacuité de Twitter, des copier-coller en boucle de liens dans Facebook. Fatigué des mêmes blablas sur la TV entre la grippe A et le débat puant sur l'identité nationale. Alors retour aux sources, aux bases qui n'ont rien de virtuelles : le cinéma, la littérature, les images, la pop et le rock.

Come back sur les Beatles et télescopage avec Daniel Johnston (ma précédente note). Une de mes grandes me demande ce que j'écoute. Là, maintenant ? Joe Jackson. Ballade sur Youtube histoire de lui montrer sa tête qui n'a pas changé depuis 25 ans. Curieux Pierrot au visage échappé d'un film des années 50, le cheveux rare sur le front… Stepping Out :

Come back donc. De la pop. Dure et pure. Rediffusion :

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JJ(1954-)


La musique rythme nos vies. Comme au cinéma, j’ai une BO qui accompagne chaque instant de mon existence. Dès fois, je me souviens des titres, des fois non.

1979, je suis avec C. Elle partagera une partie de ma vie, surtout une vie artificielle d’étudiant au soleil, à Aix-en-Provence. Elle sera ma première épouse. Nos goûts convergent vers les chanteurs et groupes à claviers : Billy Joël, Elton John, Randy Newman, Supertramp… Look Sharp ! de Joe Jackson débarque sur ma platine en même temps que Zappa, Cheap Trick et d’autres groupes un peu plus agités que C. n’aime pas. Des vies trop décalées (À l’époque, je suis ingénieur à EDF, elle musicienne ; deux planètes…) et des divergences de goûts et d’intérêts de plus en plus marquées usent notre couple.

Été 87, fin de l’histoire. Divorce. Bande son : Night And Day acheté à la Fnac de Dijon, où je suis parti de me changer les idées chez mon père. Je redécouvre alors Joe Jackson. Chinatown résonne dans les écouteurs de mon Walkman, je flâne dans les parcs de la cité de la moutarde, je fais des sourires aux filles bronzées, m’installe aux terrasses des cafés près de la cathédrale et dessine les ruelles sur mon carnet de croquis. Je fais mon deuil d’un grand amour. Retour à Paris. J’achète Will Power, un opus symphonique pour grand orchestre que j’écoute dans le noir. Fin de ma déprime.


Finalement, je crois que je n’aime pas trop le brut, le hard. Disons, un peu de temps en temps et c’est peut-être pour cela que j’ai décroché sur le Punk. J’ai plutôt un faible pour les sons un peu travaillés et surtout les claviers. Synthés pompeux à profusion d’un Keith Emerson ou d’un Rick Wakeman, clavier jazz-rock d’un George Duke chez Zappa, orgue rock-swing-gospel d’un Ray Manzareck, clavier heavy-Bach d’un Jon Lord, mellotron rock-triste de Brian Jones, piano rock-bar d’un Randy Newman ou d’un Billy Joël, Fender pop-crécelle d’un Roger Hodgson, clavier propre d’un Elton John…

Et puis, là, à part, il y a le piano de Monsieur Joe Jackson. Le piano rock indiscutable (ah si, il y a quand même un autre fou, Jerry Lee Lewis, peut être en parlerai-je un autre jour).

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Je ne suis pas journaliste musical et je n’ai donc pas le vocabulaire pour parler de la musique de Joe Jackson, de ses arrangements savants de simplicité, de ses mélodies aériennes, de ses télescopages harmonieux de maracas, de nappes de cuivres, de violons saccadés et violoncelles mélancoliques, de ses chœurs planants, de ses rythmiques qui construisent ses ritournelles ou d’un simple triangle qui parfois fait tout. Non, je ne travaille pas à Rock&Folk.

J’aime tout simplement. Joe Jackson ne me quitte plus depuis plus de 25 ans et accompagne ainsi ma vie. Sa discographie est brillante (il y a peu de ratés). Un peu comme Zappa, il a balayé plusieurs ambiances, rock, pop, jazz, classique, latino… Et comme Zappa, c’est mon autre maîtresse musicale, j’y reviens toujours.


Je l’ai vu en 1997, dans une petite salle sur les boulevards. C’était une sorte de Unplugged, comme sur MTV. Lui et quelques musiciens en configuration simple. Il a joué son nouvel album Heaven & Hell, puis en deuxième partie a enchaîné tous ses succès, comme ça, entre amis, en toute simplicité. C’était magique. J’étais au premier rang, tenant la main de V. près de moi. V. la mère de mes enfants…

Première diffusion, ici, le 4 avril 2005 sur 20six.

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27 novembre 2009

Rien. Long Life To Pop & Rock.

Télescopage bizarre. Les Inrocks viennent de sortir un numéro spécial : The Beatles, le groupe du siècle. Si ce hors-série n'apporte rien de nouveau pour le fan, il présente l'avantage de soulever le capot de l'œuvre du groupe, titre par titre (rien que pour ça je vous le conseille) et permet de comprendre comment les fab4 ont créé ou préempté toutes «les recettes» de la pop aux niveaux artistique et «industriel» : écriture de tubes interplanétaires en premier lieu, mais aussi méthodes de production, design, cinéma, marketing, relations presse…

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Si c'est eux qui ont gagné le ponpon de «groupe du siècle», et pas une autre formation comme il y en avait des centaines presque similaires à Londres ou ailleurs en 1960, c'est aussi parce ces 4 types (5 au départ) avaient probablement des racines plus «abimées» : le père de John part quand il a 2 ans, il est élevé par sa tante et sa mère meurt renversée par un bus ; à 14 ans Paul voit sa mère balayée par un cancer ; quant à Ringo, jusqu'à 13 ans il enchaîne coma et pleurésie et se retrouve en échec scolaire. Et surtout ils avaient des liens «d'armes» qu'ont a rarement à 20 ans : lâchés à à peine 18 ans (17 pour George) à Hambourg (Allemagne) ils se sont bouffés pendant 2 ans des séries de concerts rock, plus proches du punk et bien avant l'heure, défoncés aux amphétamines et à la bière dans des bars à putes pour marins torchés et petits truands. 

La pop, comme le rock, est un truc qui naît aussi dans la «douleur».

Télescopage donc. Je lis aussi Rock&Folk et sa chronique disques avec beaucoup d'attention. Et comme chaque mercredi avec les Inrocks, chaque mois dans R&F, ça ne rate pas, je tombe sur une pépite.

La pop, la pure, celle nourrie aux Beatles et à la souffrance existe toujours. Daniel Johnston. C'est lui…

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Dans le circuit depuis 30 ans, plutôt underground chez nous, plus connu outre Atlantique, né avec les Beatles (1961), caissier dans un fast food, dessinateur et dépressif avec plusieurs séjours en hôpital psychiatrique au compteur, il enregistre ces premiers titres et albums sur un magnéto à cassettes et les duplique pour qui en veut. Un vingtaine d'albums plus tard – produits dans des conditions plus que limites – ce véritable song writer, avec une voix d'ado dans un corps qui porte manifestement de nombreuses souffrances, nous offre enfin un album écrin avec une poignée de titres comme on n'en pond plus depuis belle lurette (High Horse, Freedom, Without You…).

De la pop, de la vraie, de la pure. De la brute.

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Daniel Johnston - Is And Always Was
On clique sur pochette pour écouter. Son Myspace ICI

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17 novembre 2009

Rien. Incipit #2

Roman imaginaire, probable, réel… ?

Incipit #2

Je te l'ai dit : non, vraiment ce n'est pas possible. Désolé. Jack.

William relu encore le petit carton qui était attaché par un trombone en plastique orange fluo à la couverture de son scénario qu'il avait envoyé 2 ans plus tôt à Jack Goldstein. Ce n'était pas la première fois qu'un nabab lui renvoyait sa prose avec un mot de refus. Quand on lui renvoyait. Juste que cette fois-ci, en fixant la couverture de ce foutu manuscrit Silence hurlant, il se demanda ce que signifiait cette embrouille. Il était là, immobile, la langue pâteuse, sur le palier donnant sur une petite place avec palmiers. Ce fut le bruit déjà lointain de la moto du coursier qui repartait qui le fit décrocher de ses pensées et de son état comateux.

En peignoir mal ajusté et gueule de bois assortie, William finit par fermer la porte et traversa l'immense séjour en butant sur des cadavres de bouteilles de vodka, bières, Coca ou gin, heurta des cendriers pleins, et parfois renversés, de mégots de cigares et de pétards, piétina quelques sachets vides oubliés avec des petites pailles et divers déchets. Il se dirigea d'un pas incertain vers le bar en teck au bord de la piscine. Cette villa à Santa Monica, face à la mer, il se l'était offerte avec son premier succès. Un chèque de 7 millions de dollars signé par Henry Palence, le boss de Palence Pictures Ltd pour le script de L'affaire Miller, un thriller politique qui avait été 3 fois nommé aux Oscars. Il se versa un verre de scotch et s'affala dans un fauteuil en rotin sous le patio. Il renifla, se gratta l'entrejambe, respira profondément l'air tiède porté par le vent de cette fin de matinée d'hiver et se remémora son dernier déjeuner avec Jack.

Comme il le faisait 3 ou 4 fois par an, il s'étaient retrouvés chez Tony, un italien au bas de Sunset Boulevard, une pizzeria branchée où le prix d'un soda pouvait nourrir une famille du Burkina Faso pendant 6 mois. Ils y échangeaient leurs idées et leurs projets, et William était même reparti une fois avec un chèque et une commande de script. Ce jour-là, comme d'habitude, William lui avait fait un pitch sur ce qu'il pensait être le film le plus terrifiant de tous les temps, une «vraie» histoire, construite et dense. Un truc aussi flippant que L'Exorciste, Shining, The Blair Witch Project et le premier SAW réunis. Jack n'accrochait pas. Ils en discutèrent et Jack finit par trancher en lui expliquant que ce type de cinéma ne s'inscrivait pas la stratégie du catalogue de Goldstein Entertainment et que c'était de la loterie : succès garanti ou alors flop total, bon à finir en dvd pour l'Europe et des diffusions sur des chaînes du câble. Jack lui laissa quand même un exemplaire de son scénario, un document avec cette fameuse couverture en papier noir mat siglée By William Burton en relief, bien connue de tous les players et producteurs de Los Angeles. 2 ans déjà.

Le document à couverture noire était posé à même le sol humide entre les pieds de William chaussés de baskets dépareillées sans lacet, les premières chaussures qu'il avait trouvées au pied du canapé où il cuvait quand le coursier avait sonné. Il avala une gorgée de son scotch en pensant à cette enflure de Jack.

Silence hurlant était à l'affiche depuis plus de 3 mois et battait des records d'entrées. Mais le plus pénible dans l'histoire, était pourquoi et comment un type qu'on avait retrouvé dans sa piscine avec une balle dans la tête une semaine plus tôt avait décidé de faire porter à son auteur un scénario refusé mais tourné, avec en prime un carton écrit de sa main ?

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Une pizza sur Sunset de Conan Mc Lloyld
Traduit de l'américain
Éditions Imposture - 286 pages
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13 novembre 2009

Rien. Incipit #1

Roman imaginaire, probable, réel… ?

Incipit #1

Oh bonne mère quel cagnard ! Pourtant la chaleur, je connais, putain. Je suis né à Marseille, alors. Mais là, on n'est que début mai, et au Pôle Nord. D’habitude, dès qu’on remonte au-delà d'Aix, il faut prévoir un gilet, alors à 3 bornes de Bézonvaux…

Je jette un œil sur la toquante de Basile, - façon de parler, il l'a ramassée dans un trou de métro sur ce qui restait de l'autre, et le plus fou c'est qu'elle marchait encore, pourtant vu l'état du bracelet et du méchoui accroché dessus, enfin, il l'a nettoyée avec un fond de flotte dans sa galetouse et il l'a pendue à sa frusque avec un bout de ficelle en nous expliquant qu'au moins il aurait un point de repère dans sa journée. On s'est foutu de sa gueule pendant les jours où l’on est resté sans bouger à se pisser et se chier dessus, vue que la musique, elle n'arrêtait pas, surtout la nuit, un vrai lunapark ! Quelle empeigne ce Basile, il causait tout le temps. On avait renoncé à lui demander de la fermer, vu le boucan on ne risquait pas de nous repérer. Sauf la nuit, pas question d'allumer une cibiche, sinon on avait recta une miaule sur la tronche.

L'Ernest avait été amoché et, pas verni le gars, il a fini par clamser le midi du deuxième jour. Alors avec cette putain de chaleur, ça a vite commencé à fouetter la pisse, le raisiné et la merde s'évaporant au soleil. Le quatrième jour, l'Ernest, il s'est mis à péter. On était plus que tous les deux, avec le Basile, et l’on a rigolé comme deux cons, vu qu'on était salement gelés. Comme on n'avait rien à becqueter, il nous restait que nos bouteilles et les gourdes de picmuche de l'Ernest et du Dédé en méchoui. On a essayé d'être raisonnables les deux premiers jours, vu qu'on s'occupait comme on pouvait de l'Ernest avec des bouts de son falzar pour boucher les trous d'abeilles qui lui avaient ouvert le ventre, mais dans la nuit après qu'il a cané, on a commencé à avoir le bourdon. On l'avait sec et l’on s'est pris des bitures. L'Ernest bien qu’y soit raide, y péter à cause des gaz dans ses boyaux ouverts sortant du bide, et de la chaleur…

Finalement Basile, il a fait le con, il supportait plus, ça trouilloter trop entre le Dédé, l'Ernest et nos étrons, nos dégueulis de cuite mélangés à la terre, les os des anciens collés à nos grolles, il a décidé de sortir, a levé la tête et le moulin à café d'en face ne l'a pas raté. Son corps avec ce qui lui restait de la bougie a glissé mollement contre moi. Bizarrement, j'ai arraché sa montre et noué le bout de ficelle à ma ceinture.

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La Terre de Roland Tourtain
Éditions Imposture - 360 pages

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12 novembre 2009

Rien. 140.

Je viens de fusionner ce blog avec Twitter puisque cette note, qui ne présente absolument aucun intérêt, comporte exactement 140 caractères.

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08 novembre 2009

Rien. Un idiotie paradoxale…

Henri, as-tu lu mon blog et mes billets sur la Société du Rien ? T'es pénible, je vais être obligé d'acheter ton livre ;-)

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Henri Kaufman qui vient de publier un nouveau bouquin sur "Internet qui a tout changé" (que je n'ai donc pas lu, mais je vais rattraper tout ça) en publie quelques extraits depuis quelques jours sur son blog et pose la question : Internet nous rend-t-il idiot ? Du p'tit lait pour moi…

Je ne vais pas me répéter sur cette infernale pollution (au sens propre et aux multiples sens figurés) que représente le Web 2.0. Henri nous propose une formulation qui me plaît beaucoup : l'infobésité qui implique une plus forte vigilance de la part des internautes quant au tri de tous ces flux. Henri, tu es plus optimiste que moi…

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Tiens, puisqu'on est sur les idioties de l'Internet, il y a un truc qui m'amuse dans les abréviations et terminologies utilisées au départ par les SMS, les messageries type MSN et par la force des choses sur Twitter. Avec 140 signes, c'est sûr, on n'est pas là pour faire du Balzac. RT, WTF, LOL, MDR…

Et quand on veut faire référence à la vraie vie, on dit IRL. In Real Life. Maintenant prononcez ces 3 lettres à haute voix, cela donne irréel… Paradoxe ? Sauf que j'ai le sentiment que malheureusement pour certaines ou certaines, au delà de Twitter, Facebook ou de leur blog, il n'y a rien de bien réel.

Yep, l'internet a bien au moins changé un truc : les rapports humains simples.

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07 novembre 2009

Rien. Et si c'était juste ça : l'idée (bonus)

À la suite d'un commentaire sur le blog la nana urbaine, je me suis replongé dans les archives publicitaires couchées sur vinyle dans les années 80 par Richard Gotainer. Avant de cartonner avec "Le Mambo Du Décalco", il a eu un carrière de créatif. Chez CLM entre autres aux cotés de Philippe Michel, cité à plusieurs reprises par Nicolas Bordas dans son bouquin "L'idée qui tue". Phlippe Michel est notre "père" à nous, quadra/quinqua et patron de pub d'aujourd'hui.

Comme le rappelle Bordas, une idée qui tue est une idée qui traverse le temps. Les pubs de Richard Gotainer en sont un exemple parfait. Toute personne qui a connu, enfant, ado ou adulte, la fin des années 70 et le début des années 80, a dans les méninges gravés à vie les refrains de "Vittel, buvez, éliminez", "Banga" ou "Belle des Champs". Sans parler de "Infinitif "qui sera son tube "Primitif".

Mais au-delà des ritournelles qui vous rentraient dans le cerveau dès la première écoute (c'est Claude Engel qui en était le compositeur pour la grande majorité), ces petites pièces d'à peine 30 secondes étaient des chefs-d'œuvre d'écriture. Je vous invite à les écouter et à les décortiquer. C'était un peu des tweets de l'époque. 30 secondes pour émerger et surtout rester. Une fois de plus c'est l'idée et ses mots qui font toute la différence…

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Pour écouter on clique sur l'image…
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Rien. Je refais la peinture…

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15 septembre 2009

Rien. Internet, la grande illusion /8

Fallait pas rêver, ça devait forcément arriver un jour : Twitter envisage d'ouvrir son service à la publicité et ainsi monétiser une audience de près de 45 millions de visiteurs mensuels.

Bon courage… Car même si Facebook, par une annonce de Mark Andreessen faite à Reuters, prévoit 500 millions de dollars de revenus en 2009, ça ne fait que 2 malheureux dollars par inscrits. 2 dollars pour des wagons de messages, photos, vidéos, jeux et gadgets, et parfois des informations détaillées sur les inscrits. Comment Twitter va alors vendre à des annonceurs un torrent de blablas limités à 140 signes, dont des RT ou des liens pointant vers tout et n'importe quoi ?

Cette annonce de Twitter rappelle surtout que l'économie du virtuel n'échappe malheureusement à aucune règle élémentaire de gestion. Chassez la réalité des chiffres, elle revient au galop…

Postulat économique
Le tout gratuit n'existait pas, il n'existe pas et ne sera jamais.

Épisode 8 / De la grande illusion du gratuit…
Ou de la fin inéluctable du Web 2.0

C'est bien là que ce situe l'idée la plus fumeuse portée par les évangélistes de l'Internet et du Web : bâtir des entreprises en imaginant que les consommateurs ne paieraient pas le produit. Et que la foule se monétiserait, chère, si elle est nombreuse. Et très chère si elle est très nombreuse. Juste que ces «visionnaires» ont oublié deux choses : une donnée incompressible d'une part et un principe d'ordre énergétique, si je puis dire, d'autre part.

Commençons par l'incompressible :
un produit, ou un service, a toujours un coût. Étude, fabrication, matière, stockage, maintenance, publicité, formation, diffusion, distribution. Même si certaines de ces lignes budgétaires peuvent être réduites à zéro, il y en aura forcément quelques unes à payer.

C'est précisément sur cet oubli que ce sont bâtis le Web 2.0, Facebook, Twitter, Myspace, les réseaux et plateformes de blogs et de partage, Youtube… Dans le Web 2.0, le produit c'est quoi, ou plutôt les produits/services ? des contenus sans bourse délier (posts, vidéos, tweets, photos, ragots…) que tout le monde déverse, via des services en ligne, dont certain totalement gadget, dans le grand vide-grenier de l'Internet. Et comme dans tout vide-grenier, 95 % de la camelote présentée n'a strictement aucun intérêt. Et par conséquent on n'y achète pas grand chose…
Si la production du contenu est gratuite (et je ne m'étendrai pas sur sa qualité globale…), quelles sont alors les lignes budgétaires restantes ? Juste deux pour simplifier : le stockage et la diffusion. Le contenant pour la faire courte.

Mais pas des petites lignes ! Les centaines de millions de vidéos hébergées par Youtube ? 700 millions de dollars par an pour faire tourner le machin. Le Crédit Suisse estime les pertes du site en 2009 à 470 millions de dollars. Facebook ? Twitter ? Tous les services qui réunissent et animent la communauté des internautes ? Des pertes. Vous l'avez compris ce bazar Web 2.0 coûte des milliards. Ce qui est le plus grave dans l'histoire, c'est que ces sites qui existent pour certain depuis plus de 5 ans, ne rapportent toujours rien et creusent tranquillement leur pertes d'exploitations. On marche sur la tête ! Ouvrez une boutique de fringues, un salon de coiffure, une épicerie, un cabinet comptable ou une société de services en informatique et ne fabriquez que des pertes pendant 2 ans, allez soyons fous, 3 ans, et vous me direz si votre banquier vous accompagne toujours…

Pour financer un service sur Internet il n'y a pas 36 solutions, il n'y en a que 2 :
–    soit le consommateur internaute paie,
–    soit c'est un tiers qui paie.

Ne vous fatiguez pas à trouver d'autres astuces, elles vous ramèneront systématiquement à un des 2 cas (je pense par exemple au système des numéros de téléphone surtaxés pour valider une service soit disant gratuit ; in fine c'est l'internaute qui paie…)

Or le Web 2.0 a quasiment tout misé sur les recettes publicitaires.

C'est là que nous arrivons à la seconde erreur des «visionnaires» du web 2.0: oublier le fait que le marché publicitaire n'est pas extensible à perte de vue. Le marché publicitaire, c'est comme le pétrole : il y a un certain nombre de réserves et une production mondiale annuelle qui peut croître (ou décroître) dans des proportions raisonnables. Imaginer que ce pétrole allait financer du jour au lendemain des besoins à croissance quasi exponentielle est une utopie totale. Et j'ai peur que l'avenir le confirme un peu plus…

Ainsi, pour financer tout ce bazar et le sauver de la faillite comptable dans laquelle il est à ce jour, il aurait fallu que les annonceurs fassent des arbitrages extrêmement violents, autrement dit qu'ils lâchent du jour au lendemain des supports de masses comme la TV ou la radio pour tout miser sur l'Internet et ainsi irriguer de leurs centaines de millions d'euros ce Web 2.0 et ses communautés.

C'était leur demander de sauter dans le vide…
Un annonceur a besoin de chiffres et de retour sur investissement. Ce n'est pas un philanthrope. Or, qu'on le veuille ou non, les mesures d'audiences et de fréquentations des sites sont encore hautement nébuleuses et les négociations obtenues en matière d'achat d'espace sont tellement élevées, pour ne pas dire fantaisistes, que l'ont fini forcément par avoir un léger doute sur ce qu'on achète. Alors on teste tel site pour voir, puis un autre… Par les temps de crises qui courent, je ne suis pas sûr que les annonceurs ont encore l'humeur à tenter des expériences. D'ailleurs la croissance à 2 chiffres du marché pub de l'Internet, pour l'instant c'est fini.

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Dans le Web 2.0, on n'a pas d'argent, mais on a des idées… coûteuses.

Fin inéluctable du Web 2.0, ai-je écrit ? Yep. Et pour deux autres raisons.

D'abord une petite étude* à la con selon laquelle 68 % des internautes ne cliquent sur aucune pub et qu'un petit groupe de 6% serait à l'origine de 50 % des clics. Un peu comme si TF1 annonçait à ses annonceurs, toutes marques et tous produits confondus, bah, que la moitié de tous leurs spots seront vus ? retenus ? que par 6% de l'audience. Corollaire : qui peut être alors intéressé à la fois par des couches pour bébé, le dernier téléphone portable, une convention obsèques, le CD d'une star de R&B, une promo pour un séjour au Maroc et des petits suisses…  Cette étude date de 2008. Et comme depuis «l'audience» du Web et sa consommation ludique ont forcément augmenté, on peut de se demander si la même étude menée aujourd'hui ne donnerait pas des résultats plus inquiétants.

Ensuite, un gros signal d'alarme vient d'être tiré par un des hommes les plus puissant du monde : Rupert Murdoch. Juste pour mémoire, cet Australien est propriétaire du géant mondial NewsCorp : cinéma, TV et studios (de Twenty Century Fox à Nouvelle Star…), presse (New York Post, The Wall Street Journal, Dow Jones…), édition (HarperCollins Publishers…) et Internet avec en particulier Myspace. Concernant le site communautaire, Murdoch a fait procédé à une purge (grosso modo la moitié de l'effectif a été virée) et le staff du site est prié de vite rentabiliser un actif acquis à plus 500 M$ en 2005 et qui est toujours en pertes.

Mais le signal que vient d'envoyer Rupert Murdoch courant août est plus fort et lourd pour la suite : fini le gratuit.

Courant 2010 tous les sites des journaux et magazines du groupes seront payants.

Moi, j'appelle ça le début de la fin de partie.

Parce que l'histoire des économies des médias a montré que lorsque Murdoch éternue, c'est très vite la Bourse et les autres groupes de média qui s'enrhument. Au même moment, curieusement, en France, Libération lance une «nouvelle offre», puisque son patron Laurent Joffrin ne veut pas qu'on parle de nouvelle formule, et parmi ses «offres» : rendre payant le site. D'autres journaux et sites se posent la même question tandis que Mediapart envisage d'éditer un hebdo papier…

Alors le Web 2.0, Game Over ?

Pas exclu. Non pas par absence de joueurs loin s'en faut, mais par manque d'argent, tout simplement…

C'est con, hein…?

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*Une étude menée par Starcom, Comscore et Tacoda aux US

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09 septembre 2009

Un passage à Vi(d)e (part 3)

Bon, ça c'est fait…

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