03 novembre 2009
Rien. Et si c'était juste ça : l'idée.
«Ne dites pas à ma mère que je suis dans la publicité, elle me croit pianiste dans un bordel». Ça, c'est du titre, comme le rappelle Nicolas Bordas dans son bouquin «L'idée qui tue». Au même titre que «Quand la Chine s'éveillera…» ou «Les particules élémentaires».
Nicolas Bordas est patron de l'agence de pub TBWA France. Et quand un publicitaire prend la plume pour pondre un essai sur la communication ou écrire un roman, chassez le naturel, il revient au galop dès la couverture. Par le titre : «Ne dites pas à ma mère…» Jacques Séguéla, «Meurtres dans la Pub» Daniel Robert, «C'est quoi l'idée ?» Philippe Michel, «Nouvelles sous ecstasy» Frédéric Beigbeder, «Disruption» Jean-Marie Dru, «La société de la peur» Christophe Lambert…* Mais peut-on leur en vouloir ? Après tout un livre a pour vocation de finir sur une table à la Fnac ou chez votre libraire parmi les dizaines qui sortent chaque semaine. Et la couverture, son titre et sa mise en page ne sont-ils pas les premiers contacts visuels avec un lecteur et acheteur potentiel ?
«L'idée qui tue», ce livre qui a fait l'objet d'un lancement via Twitter, le blog de son auteur et quelques relais chez des blogueurs auto proclamés influents, je l'ai donc lu ce week-end. Le titre est ici en forme de promesse. Alors est-ce que ce livre donne l'idée qui tue ? Les deux mon capitaine. Je veux dire oui et non.
Réglons tout de suite la question. Dans ce livre il n'y a pas un gramme de nouvelle idée qui tue. Car ce n'est pas l'objectif de l'auteur : donner au moins une idée qui tue. Ses idées qui tuent à lui, il préfère les «donner» à ses clients. Et c'est normal.
En revanche, s'il n'y a pas un gramme d'idée qui tue signée 100% Nicolas Bordas, le bouquin en est bourré. «L'idée qui tue» est un voyage dans les mécanismes de la naissance ou de la création des idées et leurs moyens de propagation. C'est un mini encyclopédie Bordas des idées publicitaires bien entendu, mais aussi politiques, économiques, philosophiques ou religieuses qui ont marqué massivement à un instant donné, traversé les générations, voire les siècles. Nicolas Bordas, à la façon de ses «pères» Philippe Michel ou Jean-Marie Dru, en soulève le capot, les démonte et en décortique les trucs de base - C'est quoi l'idée (de l'idée) ? comme demandez Philippe Michel -, les représentations, les preuves et surtout les moyens de les lancer, les nourrir, les entretenir, et comment nous nous les approprions, les reformulons, les rediffusons, etc.
J'avoue que je n'ai pas appris énormément de choses nouvelles car les cas cités sont des cas d'écoles que tout professionnel de la publicité est tenu de connaître : Éram, Myriam d'Avenir, Monsieur Marie, Don Patillo, Nike, Apple, Coca, Virgin, Michelin, Omo… Mais peut-on lui reprocher ? Non, car ces marques, ces entreprises, ont trouvé à un moment leur idée qui tue, et ont su la faire vivre pour en faire une idée qui dure. Une idée qui tue, c'est aussi une idée qui vit longtemps. Très longtemps.
Nicolas Bordas consacre bien entendu de nombreuses pages à l'Internet, aux réseaux sociaux, à Twitter, etc. Mais il rappelle dans une chronologie de la communication, de la tradition orale de nos ancêtres à la TV en passant par l'imprimerie et la radio que chaque nouveau média est toujours venu en complément des existants sans s'y substituer intégralement. Aux spécialistes de la communication de saisir cet instant dans l'histoire des médias et de jouer intelligemment sur le mix des moyens de lancement et de diffusion des idées.
Et c'est en ce sens que «L'idée qui tue» est un bon bouquin pour la jeune génération bercée au Web 2.0, et les étudiants en communication et marketing. À l'heure d'un appauvrissement du contenu du Web 2.0, essentiellement fondé la circulation circulaire des contenus, ce bouquin, dans un style direct, rapide qui se lit vite, rappelle de façon implacable que c'est d'abord l'idée qui est au cœur de tout. L'input initial, quelque soit le média. Et que l'idée c'est aussi un métier.

À lire : L'idée qui tue par Nicolas Bordas – 172 pages – Eyrolles – 18 €
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*votre serviteur ne va pas s'oublier : le Syndrome de Roch par François Roque ;-)
15 septembre 2009
Rien. Internet, la grande illusion /8
Fallait pas rêver, ça devait forcément arriver un jour : Twitter envisage d'ouvrir son service à la publicité et ainsi monétiser une audience de près de 45 millions de visiteurs mensuels.
Bon courage… Car même si Facebook, par une annonce de Mark Andreessen faite à Reuters, prévoit 500 millions de dollars de revenus en 2009, ça ne fait que 2 malheureux dollars par inscrits. 2 dollars pour des wagons de messages, photos, vidéos, jeux et gadgets, et parfois des informations détaillées sur les inscrits. Comment Twitter va alors vendre à des annonceurs un torrent de blablas limités à 140 signes, dont des RT ou des liens pointant vers tout et n'importe quoi ?
Cette annonce de Twitter rappelle surtout que l'économie du virtuel n'échappe malheureusement à aucune règle élémentaire de gestion. Chassez la réalité des chiffres, elle revient au galop…
Postulat économique
Le tout gratuit n'existait pas, il n'existe pas et ne sera jamais.
Épisode 8 / De la grande illusion du gratuit…
Ou de la fin inéluctable du Web 2.0
C'est bien là que ce situe l'idée la plus fumeuse portée par les évangélistes de l'Internet et du Web : bâtir des entreprises en imaginant que les consommateurs ne paieraient pas le produit. Et que la foule se monétiserait, chère, si elle est nombreuse. Et très chère si elle est très nombreuse. Juste que ces «visionnaires» ont oublié deux choses : une donnée incompressible d'une part et un principe d'ordre énergétique, si je puis dire, d'autre part.
Commençons par l'incompressible : un produit, ou un service, a toujours un coût. Étude, fabrication, matière, stockage, maintenance, publicité, formation, diffusion, distribution. Même si certaines de ces lignes budgétaires peuvent être réduites à zéro, il y en aura forcément quelques unes à payer.
C'est précisément sur cet oubli que ce sont bâtis le Web 2.0, Facebook, Twitter, Myspace, les réseaux et plateformes de blogs et de partage, Youtube… Dans le Web 2.0, le produit c'est quoi, ou plutôt les produits/services ? des contenus sans bourse délier (posts, vidéos, tweets, photos, ragots…) que tout le monde déverse, via des services en ligne, dont certain totalement gadget, dans le grand vide-grenier de l'Internet. Et comme dans tout vide-grenier, 95 % de la camelote présentée n'a strictement aucun intérêt. Et par conséquent on n'y achète pas grand chose…
Si la production du contenu est gratuite (et je ne m'étendrai pas sur sa qualité globale…), quelles sont alors les lignes budgétaires restantes ? Juste deux pour simplifier : le stockage et la diffusion. Le contenant pour la faire courte.
Mais pas des petites lignes ! Les centaines de millions de vidéos hébergées par Youtube ? 700 millions de dollars par an pour faire tourner le machin. Le Crédit Suisse estime les pertes du site en 2009 à 470 millions de dollars. Facebook ? Twitter ? Tous les services qui réunissent et animent la communauté des internautes ? Des pertes. Vous l'avez compris ce bazar Web 2.0 coûte des milliards. Ce qui est le plus grave dans l'histoire, c'est que ces sites qui existent pour certain depuis plus de 5 ans, ne rapportent toujours rien et creusent tranquillement leur pertes d'exploitations. On marche sur la tête ! Ouvrez une boutique de fringues, un salon de coiffure, une épicerie, un cabinet comptable ou une société de services en informatique et ne fabriquez que des pertes pendant 2 ans, allez soyons fous, 3 ans, et vous me direz si votre banquier vous accompagne toujours…
Pour financer un service sur Internet il n'y a pas 36 solutions, il n'y en a que 2 :
– soit le consommateur internaute paie,
– soit c'est un tiers qui paie.
Ne vous fatiguez pas à trouver d'autres astuces, elles vous ramèneront systématiquement à un des 2 cas (je pense par exemple au système des numéros de téléphone surtaxés pour valider une service soit disant gratuit ; in fine c'est l'internaute qui paie…)
Or le Web 2.0 a quasiment tout misé sur les recettes publicitaires.
C'est là que nous arrivons à la seconde erreur des «visionnaires» du web 2.0: oublier le fait que le marché publicitaire n'est pas extensible à perte de vue. Le marché publicitaire, c'est comme le pétrole : il y a un certain nombre de réserves et une production mondiale annuelle qui peut croître (ou décroître) dans des proportions raisonnables. Imaginer que ce pétrole allait financer du jour au lendemain des besoins à croissance quasi exponentielle est une utopie totale. Et j'ai peur que l'avenir le confirme un peu plus…
Ainsi, pour financer tout ce bazar et le sauver de la faillite comptable dans laquelle il est à ce jour, il aurait fallu que les annonceurs fassent des arbitrages extrêmement violents, autrement dit qu'ils lâchent du jour au lendemain des supports de masses comme la TV ou la radio pour tout miser sur l'Internet et ainsi irriguer de leurs centaines de millions d'euros ce Web 2.0 et ses communautés.
C'était leur demander de sauter dans le vide… Un annonceur a besoin de chiffres et de retour sur investissement. Ce n'est pas un philanthrope. Or, qu'on le veuille ou non, les mesures d'audiences et de fréquentations des sites sont encore hautement nébuleuses et les négociations obtenues en matière d'achat d'espace sont tellement élevées, pour ne pas dire fantaisistes, que l'ont fini forcément par avoir un léger doute sur ce qu'on achète. Alors on teste tel site pour voir, puis un autre… Par les temps de crises qui courent, je ne suis pas sûr que les annonceurs ont encore l'humeur à tenter des expériences. D'ailleurs la croissance à 2 chiffres du marché pub de l'Internet, pour l'instant c'est fini.

Dans le Web 2.0, on n'a pas d'argent, mais on a des idées… coûteuses.
Fin inéluctable du Web 2.0, ai-je écrit ? Yep. Et pour deux autres raisons.
D'abord une petite étude* à la con selon laquelle 68 % des internautes ne cliquent sur aucune pub et qu'un petit groupe de 6% serait à l'origine de 50 % des clics. Un peu comme si TF1 annonçait à ses annonceurs, toutes marques et tous produits confondus, bah, que la moitié de tous leurs spots seront vus ? retenus ? que par 6% de l'audience. Corollaire : qui peut être alors intéressé à la fois par des couches pour bébé, le dernier téléphone portable, une convention obsèques, le CD d'une star de R&B, une promo pour un séjour au Maroc et des petits suisses… Cette étude date de 2008. Et comme depuis «l'audience» du Web et sa consommation ludique ont forcément augmenté, on peut de se demander si la même étude menée aujourd'hui ne donnerait pas des résultats plus inquiétants.
Ensuite, un gros signal d'alarme vient d'être tiré par un des hommes les plus puissant du monde : Rupert Murdoch. Juste pour mémoire, cet Australien est propriétaire du géant mondial NewsCorp : cinéma, TV et studios (de Twenty Century Fox à Nouvelle Star…), presse (New York Post, The Wall Street Journal, Dow Jones…), édition (HarperCollins Publishers…) et Internet avec en particulier Myspace. Concernant le site communautaire, Murdoch a fait procédé à une purge (grosso modo la moitié de l'effectif a été virée) et le staff du site est prié de vite rentabiliser un actif acquis à plus 500 M$ en 2005 et qui est toujours en pertes.
Mais le signal que vient d'envoyer Rupert Murdoch courant août est plus fort et lourd pour la suite : fini le gratuit.
Courant 2010 tous les sites des journaux et magazines du groupes seront payants.
Moi, j'appelle ça le début de la fin de partie.
Parce que l'histoire des économies des médias a montré que lorsque Murdoch éternue, c'est très vite la Bourse et les autres groupes de média qui s'enrhument. Au même moment, curieusement, en France, Libération lance une «nouvelle offre», puisque son patron Laurent Joffrin ne veut pas qu'on parle de nouvelle formule, et parmi ses «offres» : rendre payant le site. D'autres journaux et sites se posent la même question tandis que Mediapart envisage d'éditer un hebdo papier…
Alors le Web 2.0, Game Over ?
Pas exclu. Non pas par absence de joueurs loin s'en faut, mais par manque d'argent, tout simplement…
C'est con, hein…?
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*Une étude menée par Starcom, Comscore et Tacoda aux US
22 août 2009
Rien. Internet, la grande illusion /7
Henri Kaufman a posté hier un papier sur un livre au titre un peu mystérieux Me 2.0. Pour des raisons évidentes je ne l'ai pas lu, mais Henri nous explique que cet ouvrage donne des clés et des moyens pour augmenter sa notoriété. Pas celle d'une marque, non, la votre, vous, personne physique. Ainsi par un usage habile des réseaux sociaux, des blogs et de tous ces outils magiques du web 2.0 vous pouvez augmenter votre capital image et cela pourrait grandement servir dans vos relations professionnelles. Parmi ses conseils, ce bouquin propose de se googleliser régulièrement. Inutile de vous dire que j'ai depuis belle lurette une alerte Google sur mes nom et prénom. J'ajouterai dans la foulée qu'il faut vérifier régulièrement les résultats de 123people donnés sur votre matricule, ce site étant un véritable Big Brother…
Télescopage de la centrifugeuse, au même moment, la twittoblogosphère s'amusait du CV vidéo chanté d'Isabelle Moreau. Sauf que lorsqu'on remonte à une source sur Youtube, c'est un petit malin qui l'a postée alors que l'intéressée l'avait retirée…
Que dire ? Que Me 2.0 doit certainement être un bouquin intéressant, mais qu'espérer vouloir tout contrôler à son sujet sur l'Internet relève de la parfaite utopie. Soyez désagréable en commentant sur un blog que son auteur balance en public votre adresse IP – j'ai un souvenir épouvantable sur 20six - ; oubliez de retirer une photo sur Facebook qu'un rigolo d'un simple cliquer-glisser la repostera ailleurs ; et n'espérez pas que vos vidéos sur Youtube ou Dailymotion soient à l'abri ! soyez un poil curieux et vous trouverez sur Google les outils pour les aspirer sur votre PC en format vidéo ; effacez un post de votre blog qu'il pourra quand même refaire surface via Google ou un blogueur pompeur qui l'aura copié d'un clic…
Ce que je répète à mes clients et à mes amis : dès l'instant où vous publiez quelque chose sur le Web, considérez que cela ne vous appartient quasiment plus. Ce n'est même pas jeter une bouteille dans l'océan, car elle sera vite repêchée par Google !
Arrêtons d'idéaliser le Web 2.0 ! ce n'est pas que le monde des Bisounours, c'est aussi un véritable coupe gorge…
Tiens on va parler d'un effet Isabelle Moreau…
Épisode 7 / De la grande illusion financière (part 4)…
Des études désignent Facebook et bientôt Twitter comme responsables d'une baisse de productivité en entreprise. J'ai envie de dire «tu parles d'un scoop Coco !» Pas besoin de faire de longues observations et études : ouvrez simplement vos comptes Twitter et Facebook et regardez les heures de publications des flux suivis. Les timings sont assez biens répartis dans la journée même si il y a des pointes le matin, à midi et le soir. À moins de n'avoir que des amis retraités et chômeurs, tous ces flux partent en grande majorité des lieux de travail. Et j'ajouterai que cela se calme les week-ends…
Malheureusement Facebook, les RSS, les blogs et Twitter ne sont que des couches supplémentaires de cette chronophagie infernale générée par l'Internet qui perturbe le fonctionnement de nos entreprises. Et par conséquent notre économie.
Mais comme cette illusion de la magie de l'Internet ne date pas de ce matin, Je vais revenir sur une autre «révolution» de l'Internet : le email.
Ah non, imposture ! Tu ne vas pas démolir les emails ? Bah si. C'est quand même vachement pratique ! Oui, c'est pratique.
Ou plutôt c'était pratique. Au début. Car nous étions dans un usage raisonné lié à l'avantage du réseau des réseaux, à savoir la rapidité. Or la rapidité des échanges des informations professionnelles n'a de sens que dans le cadre d'affaires devant être traitées rapidement. Est-ce que les affaires dans une entreprise relèvent toutes, et sans exception de l'urgence ?
Les emails ont fabriqué de l'urgence là où il n'y en avait pas. C'est ainsi qu'on découvre des salariés gérant 36 trucs en même temps ; la hiérarchie de traitement des dossiers est perpétuellement bousculée, zappée par ces intrusions permanentes sur notre bureau. Conséquences : travail fait, défait et refait, désordre, déresponsabilisation – on ne sait plus qui écrit à qui – dossiers qui devraient se dérouler normalement et qui finissent dans l'urgence, etc.
Parfois je m'amuse à compter tous les mails (pros et autres) reçus et envoyés dans ma journée de travail : 100 à 150 ! Et à chaque fois je me pose cette question que me fait pleurer : avant Internet est-ce que je recevais, traitais ou écrivais 150 lettres par jour ? Un courrier toutes les 3 ou 4 minutes ?

Cet homme est heureux. Il ne sait pas encore que la mafia Rank Xerox va lui pourrir la vie…
Que trouve-t-on dans cette diarrhée épistolaire quotidienne ? des pubs, des forwards de vidéos – ah ! tiens la vidéo d'Isabelle Moreau ; c'est bon les gars, je l'ai déjà vue sur Twitter ! -, des blagues sur Power Point, des machins à faire suivre pour la bonne cause, des alertes pour son compte Viadeo, Facebook, son blog si on en a un, quelques mails persos... Et aussi des mails professionnels. Si, si.
Reprenons la première catégorie des emails : blagues, vidéos, alertes, spam Viagra, etc. Ne me dites pas le contraire, c'est plus fort que soi on y jette un œil vu que c'est un collègue ou un ami qui l'envoie… Bref 15 secondes par ci, 30 secondes ou une minute par là à mater, à forwarder, à répondre, à commenter entre collègues et aussi à classer et jeter dans la poubelle de sa messagerie... Ne cherchez pas, soyez honnête avec vous même, vous y passez facilement au moins un quart d'heure par jour, soit plus de 3% de votre temps de travail. Ne le répétez pas à votre chef. Surtout, si en plus vous faites des poses cigarette-café.
Viennent ensuite les mails pro, les vrais. Oui, je sais c'est pratique, c'est formidable, on va plus vite, etc. ! Juste qu'avant on n'avait pas besoin d'aller aussi vite, non ? Les entreprises tournaient et gagnaient de l'argent, non ?
Faîtes juste cet exercice pendant 2 ou 3 jours, comptez et analysez vos échanges pros et posez vous les questions suivantes :
Combien de mails compréhensibles, sans la moindre ambiguïtés ai-je reçus ?
Combien de mails me concernant réellement ai-je reçus, vous savez ces fameux "copies pour info"… ?
Combien de mails me donnaient toutes les informations pour poursuivre une tâche sans aucun risque d'erreur ou l'achever ?
Combien de mails ai-je reçus avec des pièces jointes exploitables ou qui m'étaient vraiment destinées ?
Combien de mails ai-je écrits et qui ont été lus, disons dans les 4 heures qui suivaient ?
Combien de mails professionnels avez-vous retrouver par hasard dans votre boîte anti-spam ?
Combien de mails ai-je envoyés en étant sûr qu'on ne me demandera pas de les renvoyer dans 15 jours ?
Combien de mails ai-je reçus sans que je sois obligé de téléphoner derrière pour demander une explication ?
Combien de réponses avez-vous reçues à des emails qui étaient vraiment urgents ?
Combien de mails ai-je reçus avec les réponses à toutes mes questions ?
Et surtout combien de mails auraient pu être remplacés par un simple coup de fil, un fax avec une annotation au stylo ou une réunion face à face, parce la communication entre deux animaux humains se passe aussi et surtout par des gestes, des regards, des odeurs...
Comme ces logiciels usine à gaz que sont Word, Excell et surtout PowerPoint qui coûte des milliards aux entreprises dans le monde en payant des cadres à faire des présentations indigestes et tautologiques qui dans le majorité des cas peuvent se résumer à 1 ou 2 feuillets dactylographiés, la messagerie par email relève certes du bonheur mais aussi du cancer.
Je vous avoue que j'ai écrit cette note sur mon iPhone hier matin dans le RER et que je me l'ai envoyée par email ? Non…
PS : j'ai oublié les téléphones portables, les SMS et les flux RSS. Avant, dans les années 80/90 combien de coups fils perso receviez-vous par jour ? Combien de télégrammes perso par jour arrivaient au bureau ? Pendant combien de temps lisiez-vous Libération au travail ?
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20 août 2009
Rien. Internet, la grande illusion /6
Plus de 100 millions de comptes bancaires piratées par un hacker américain et son réseau, et ça pendant 2 ans. L'info est assez confuse, mais grosso modo les types pompaient des numéros de Cartes Bleues via des transactions Internet et des réseaux wifi mal sécurisés. Ces numéros étaient vendus dans le monde via des serveurs. Montant de l'arnaque ? on parle d'un milliard (euros ou dollars, je ne sais pas, mais vu la somme, même en dollars, je prends).
Faiblesse désignée : les cartes bleues aux USA marchent surtout par lecteur magnétique. Alors que nous, Super-Français, on a des puces, donc dormons tranquilles !
Ce qui n'existe pas, ne peut pas arriver…
Où en étions-nous ?
Épisode 6 / De la grande illusion financière (part 3)…
Décidément Serge Soudoplatoff m'inspire beaucoup. Toujours dans cette fameuse conférence (voir l'épisode 1 de cette série de notes, vous êtes grand, vous trouverez), il évoque l'économie de l'abondance (celle de l'Internet) par opposition à celle du partage (celle de la vraie vie). Son exemple est simple : prenez une pizza et vous voulez en faire profiter 10 personnes : vous faites 10 parts et puis c'est fini. Prenez un fichier mp3, il va circuler sans fin entre internautes. Partage v/s abondance. Soit. Sauf qu'on mélange un peu tout. Biens et médias. Réel et numérique.
La vraie économie ne relève pas du partage, mais de la production (biens ou services), de la reproduction et de la distribution (à la rigueur le «partage», c'est plus pour les retraites, le chômage, la sécurité sociale, les 35 heures et c'est peut être pour ça que cela ne marche pas, mais bon, ce n'est pas le sujet). Effectivement, par opposition, l'Internet et sa «dématérialisation» donnent cette vision d'une économie d'abondance puisque l'étape physique de la «reproduction» n'existerait plus. Et le financier investisseur actionnaire d'être forcément alléché par cette perspective : pourquoi s'emmerder avec des usines, des machines, des matières, des stocks, des ouvriers et des syndicats !? Surtout si en plus on peut vendre le produit presque au même prix ; car il ne vous a pas échappé qu'un «CD» acheté sur Itunes, vous coûtera le même prix en vrai, 3 mois après sa sortie dans les bacs à la Fnac (10 € environ, puisqu'il sera bradé).
Je zappe sur l'échec des maisons de disques, des histoires de téléchargements, de Hadopi et co, car ce raisonnement de l'abondance est foireux dès l'origine de l'Internet de masse, fin 90, et de son premier plantage boursier (il y en a un autre dans les tuyaux…).
En premier lieu, ce raisonnement de l'abondance, ne s'applique qu'à ce qui peut être intégralement dématérialisé et numérisé. Ne cherchez pas, il n'y a pas 150 trucs : logiciel, musique, vidéo et littérature. Tout le reste à besoin d'un prolongement physique (pour un service en ligne de femmes de ménage par exemple, il faudra bien que quelqu'un vienne vous passer l'aspirateur…), ou correspond à un bien réel, qui lui ne se reproduira pas par magie…
Cette illusion de l'abondance repose sur un miroir à double face.
D'un côté, on imagine qu'on va «distribuer» un bien immatériel à l'infini et passer à la caisse. On le sait maintenant, cela ne marche pas sans vol et piratage. Et pour achever le tableau, la notion intrinsèque de gratuité du Web est quasi inscrite dans les gênes des jeunes nés ou éduqués avec une souris (tous ceux de moins de 25 ans maintenant, ça fait du monde !) et ferme tout espoir de «régularité» sur ce sujet.
L'autre côté du miroir, c'est Serge Soudoplatoff qui l'évoque encore malgré lui. L'Internet c'est magique ! À partir de moins de 50 centimes d'euros par mois on peut louer un espace serveur et toucher plus d'un milliard de personnes ! et hop on communique et commerce avec la planète en entier ! Oublions ce raccourci d'orateur exalté… Oublions également les barrières des langues, des cultures, des lois, réglementations et formalités, des monnaies, des décalages horaires et surtout de la quasi impossibilité pour le quidam d'émerger dans ce brouhaha atomique planétaire sans dépenser des fortunes ; si j'avais 1 milliard de lecteurs pour mon blog ça se saurait…
L'idée, c'est quoi ? Ouvre ton site marchand depuis Montluçon, et tu vas vendre via Internet tes savons au lait d'ânesse aux Indiens, ton service de promenade de chiens pour personnes âgées dans toute la France, tes T-Shirt «Fuck Twitter» aux Australiens, tes services d'organisations de mariage ou baptême, tes conseils en relooking… La liste est sans fin.

Quand j'étais gamin, je matais les pages lingeries du catalogue
QUELLE avec des filles à gros nichons, porte jarretelles et bas de putes…
Une seule question : combien de véritables succès, pour des cohortes d'échecs ? Bien sûr qu'il y a des wagons de petits sites marchands de produits ou de services ciblés qui vivotent, mais tout cela reste du domaine de l'artisanal, de la PME. Internet n'est qu'une forme performante de vente par correspondance. Derrière, il y a des briques et du mortier comme on disait à la fin des années 90 en plein délire de la bulle Internet.
Chasser le réel, il revient au galop ! Qui sont les vrais gagnants du commerce en ligne ? ceux qui venaient du réel et ont utilisé le net comme un canal supplémentaire : Fnac, Virgin, La Redoute, SNCF, Carrefour, Auchan, Cdiscount…
Et Amazon ? Cette entreprise à vendu à perte pendant des années. Pas besoin d'être un fin stratège de la gestion pour se douter que si vous proposiez des milliers d'articles en ligne, des CD aux tondeuses à gazon, des livres aux frigos à des des millions de clients potentiels, comment vouliez-vous gérer vos stocks (30 ou 500 tondeuses à gazon en stock ?) et la logistique de distribution ? Jef Bezos, son fondateur, l'avait compris dès le départ. Il a fait patienter les investisseurs avec son bagout, et surtout la monétisation du fichier de ses clients dont les achats étaient des sources d'informations comportementales, pour vendre de la pub sur le site. Pendant ce temps, on affinait le référencement, les flux, les plate-formes, bref on faisait du marketing et de l'organisation comme dans n'importe quel supermarché de la vraie vie. Et surtout, Jef Bezos a compris que ce modèle 100 % Internet, sans le moindre magasin physique, devait être déployé à l'échelle mondiale. Pour être le seul. Et rentable.
Aujourd'hui quel fou irait recommencer rigoureusement la même aventure, c'est à dire en partant de zéro ? Fini la pace est prise selon le principe de la préemption et du verrouillage d'un marché. On baisse le rideau.
On voit bien qu'un pan entier de cette «économie de l'abondance» s'écroule. Il y a bel et bien une vraie économie de l'Internet, rentable elle, car elle repose sur le réel et sur un usage raisonné et monétisé de ce canal. Le coût de développement, de fonctionnement et de maintenance d'un site marchand est inclus dans le compte de résultat, vient en charge et en composante du prix de revient. Autrement dit, quand vous achetez un billet via le site SNCF, dans ce billet, même s'il est parfois moins cher qu'en boutique (on soulèvera une autre fois le débat de l'inégalité sociale face à l'Internet), il y a quelques centimes d'euros qui servent à payer votre usage dudit site…
Comme le rappelle Serge Soudoplatoff, dès qu'une nouvelle technologie majeure apparaît, l'homme au départ, duplique ou reproduit le réel avec. C'est fait, via le commerce électronique de biens et de services. Mais tout ceci reste et restera marginal dans l'économie mondiale, car nous sommes arrivés au sommet de la pyramide de cette perspective économique. Les grands acteurs ont pris place et le bal bât son plein.
Et puis il y a une autre pyramide, celle de Maslow, qui elle montre que l'Internet butera forcément sur l'homme. Vous ne téléchargerez jamais votre eau pour vous laver, boire et tirer la chasse d'eau, vous ne téléchargerez jamais vos aliments, vous ne téléchargerez jamais vos habits, vous ne téléchargerez jamais votre maison, et encore moins vos meubles, votre vaisselle, votre ordinateur, votre voiture, etc. Et puis surtout est-ce que vous allez boire plus, manger plus, porter plus de fringues, avoir plusieurs maisons ?
Alors où se trouverait un (nouvel?) eldorado de l'Internet ? Parait-il dans tout ce qui n'existe pas. Ou à inventer. Ici, à ce moment du récit, arrive la grande imposture, pas moi, l'autre, le Web 2.0 (ou au carré, soyons fou !) et le génie de ses promoteurs à tuer toute idée de modèles économiques viables. Et sa capacité à perturber l'économie, la vraie.
J'en parlerai la prochaine fois. J'ai encore largement dépassé les 140 signes…
À titre de teaser, aux blogueurs monétisant leur blog, je leur conseille vivement d'envisager d'autres sources de revenus à très court terme…

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17 août 2009
Rien. Internet, la grande illusion /5
Dingue ! grâce à Twitterfox, un gadget qui vous permet de suivre toutes les informations provenant de Twitter, j'ai pu suivre une conversation entre [bib] et [bip] sur la gestion de l'image en fond de page d'un compte Twitter. Le débat portait sur la bonne dimension en pixels à retenir en fonction des différents navigateurs et tailles d'écrans des PC (Mac ?). Un truc vachement pointu (source Twitter).
Reprenons.
Épisode 5 / De la grande illusion financière (part 2)…
L'Internet c'est un vaste business ! C'est profond ce que je viens de dire… Et, juste que l'eldorado a déjà été trouvé.
Alors comme ce soir je n'ai pas envie de me prendre la tête, je vais vous raconter une histoire, j'en tirerai une conclusion et puis hop on passera à autre chose. Oui, je sais, je vais faire à mon tour dans l'analogie. Mais là, c'est mon blog et je fais ce que je veux. Na.

Thomas Edison ? Ça vous dit quelque chose ? yep ! l'inventeur de l'ampoule électrique et de la chaise du même nom. Mes 1,5 lecteurs savent que je suis un malade de cinéma. Sous ces deux aspects : art, divertissement, création, narration, etc. Et aussi l'autre aspect, sa technique pure. Et en particulier son invention.
Quand on se penche sur les grandes inventions des moyens de communication et de duplication des messages (imprimerie, téléphone, disque, radio, TV, cinéma, etc.), on s'aperçoit que tout va très vite en l'espace de quelques années. Tant sur le plan technique que sur la variété des contenus. Prenez la TV par exemple : l'idée date de la fin du 19e et l'affaire a été torchée en moins de 30 ans. Ça c'est la partie technique. Quant au contenu tout a été inventé en une dizaine d'années : journal, reportages, émissions de variétés, débats, jeux, enquêtes, même la télé réalité. Ensuite, il n'y a eu que 2 vraies révolutions techniques : la couleur et le numérique. Qui contrôle aujourd'hui la TV ? Les gouvernements et des grands groupes privés. Et globalement tout le monde gagne de l'argent…
Edison, alors ? L'invention du cinéma fut une véritable guerre industrielle*. Pour simplifier, s'opposaient ceux qui pensaient que le cinéma ne serait qu'un divertissement familial et individuel, et ceux qui y voyaient au contraire un futur spectacle collectif beaucoup plus lucratif. Vers 1894, alors que les frères Lumière dessinent à peine les plans de leur caméra, Edison a déjà inventé, commercialisé et alimenté un réseau de kinétoscopes. Ces machines sont installées dans des commerces, et après y avoir glisser une pièce, comme dans un jukebox, on peut y voir via un viseur une petite séquence filmée de quelques secondes. Dans cette machine, il y a déjà de la pellicule, des films fournis par Eastman, qu'Edison va recouper et perforer pour créer le format 35 mm.
Ça, c'est au moins Web 10.03…
Edison, brillant inventeur, est aussi un homme d'affaires redoutable. Si il joue l'option divertissement individuel avec ses kinétoscopes, il sait parfaitement que l'avenir est aux salles de 50, 100, 500 ou 1000 personnes. Un seul appareil, une seule copie, mais 1000 payants d'un coup ! Un peu comme un concept d'économie de l'abondance, déjà…
On sait déjà filmer (il existe plusieurs systèmes pour capter le mouvement) et Edison a déjà ses studios pour réaliser ses petites scènes. Mais tout le monde bute sur un truc qui ne pose pas de problème pour les appareils individuels : la stabilité de l'image quand elle est projetée sur un grand écran. Les frères Lumière trouveront la solution avec un mécanisme qui stoppe le déroulement de la pellicule à chaque image devant l'objectif **.
Le cinéma est né. Edison, si il a perdu la bataille de l'invention de la caméra et du projecteur, lui, a juste gagné la première guerre avec le pétrole du business : le 35 mm ! si pas de pellicule alors pas de film, pas de projection, pas de pognon. Edison est le détenteur des droits du film 35 mm et via Eastman, il sera imposé à toute l'industrie du cinéma. Y compris aux frères Lumière. Il faudra plus d'un siècle pour qu'on commence à peine à en venir à bout avec le déploiement du numérique…
Moralité de l'histoire : dans toute invention technique majeure, celui qui ramasse la mise sur le long terme et celui qui le premier met la main sur l'essence, le cœur, le noyau. Et donc pas forcément l'invention en soi…
Quel est le cœur de l'Internet ? 500 millions de serveurs ? 100 millions de sites ? 1500 à 2000 milliards de pages et d'adresses url ? l'essence de tout ce bazar ? c'est de se guider dans tout ce merdier et trouver une information. Chercher l'aiguille dans la montagne de foin.
Yep ! Google.
Google, Edison : même vision, même combat.
Que serait le Web sans Google ?
…
Alors, aujourd'hui imaginer faire fortune via le Web, cela revient à peu près à se dire, après les frères Lumières et Thomas Edison, «Tiens, je vais inventer le cinéma parlant !».
Cela n'engage que moi, mais Twitter, Facebook et compagnie, franchement je n'y vois rien de parlant ? Juste du bruyant…
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Bah oui, j'avais envie de parler ciné ce soir…
* À ce sujet, je conseille la lecture du bouquin de Georges Sadoul, L'invention du Cinéma, un véritable thriller où l'on découvre une course contre la montre entre divers inventeurs qui ont vite pigé qu'une industrie gigantesque va naître. À trouver chez des bouquinistes, hélas…
** En fait il s'agit tout simplement du mécanisme de la machine à coudre qui existait déjà. Un des frères Lumière a eu ce trait d'inspiration en voyant une machine dans sa chambre alors qu'il était alité et souffrant…
16 août 2009
Rien. Internet, la grande illusion / Extra
Que le président des États-Unis soit suivi par près de 2 millions de personnes sur Twitter, pourquoi pas. Mais qu'à son tour il suive plus de 760 000 personnes est finalement assez "comique". Outre qu'il faudra m'expliquer comment on peut suivre autant de monde (bonjour le staff payé à suivre, j'allais dire espionner, vilain garçon, bouh!), qui sont ces 760 000 veinards dont les tweets peuvent intéresser Barack Obama ??
Allez, au hasard, parmi, les derniers en date (si je commence à cliquer pour faire défiler la listes des 760 000 heureux élus, à Pâques 2010 j'y suis encore…) : Mlle X (un peu de pudeur, merde, on est sur Twitter, zut !) :

P'tain, le tweet qui déchire grave, mais que fait la Maison Blanche ?
"A kid came up to me at the gym today and told me that I was lifting weights the wrong way. How embarrassing! "

Et en plus elle largue son boulot…
Mais attention, du coup Mlle X, dans les dîners en ville, quand on a épuisé le sujet Facebook et quand vient le tour de l'actu Twitter, à savoir le concours de zizis virtuels - le Akialeplusdefollo - elle peut alors assurer grave :
"Ah peut être que je n'ai que 129 followers, mais dans les miens, j'ai du lourd ! le président de les United States ! Barack, himself ! Ah comme je t'ai cassssééééé…"
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Tiens, je vais lui passer un DM, peut être qui me followera, lui, et du coup dans les dîner, je pourrais sortir :
"Bande de p'tits bras, je n'ai que 45 followers, mais le 45e est juste le N°10 chez Al…"

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Nouveau concept de l'Internet : la démagogie virtuelle.
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14 août 2009
Rien. Internet, la grande illusion / hors série bonus
Allez c'est vendredi. Bonus :
Edit 15/8 : cher lecteur, le maquettiste en commettant ce pastiche était distrait par son iTunes et a fait une erreur. La trouveras-tu ? 3 bonbons à gagner :
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Rien. Internet, la grande illusion / hors série
Épisode spécial / En moins de 140 caractères…
13 août 2009
Rien. Internet, la grande illusion /4
Tweets. Gazouillis. Cui-cui. CUI CUI !!!…
Là, je ne sais pas pourquoi, mais je pense plutôt aux Oiseaux d'Alfred Hitchcock. Ils débarquent de partout et vous envahissent le Mac, le Iphone et vous bouffent… Du temps.
«Bah imposture, si t'es pas content, tu fermes ton compte Twitter et tu arrêtes de nous emmerder…».
Je pourrais effectivement ; mais là tout de suite, non. Pourquoi ? Bah, c'est comme demander à un fumeur pourquoi il n'arrête pas alors qu'il sait parfaitement que cela va certainement lui filer un cancer du poumon. Avec quasi que dalle de chance de survie… Voilà.
Bon ça, c'est fait.
Le troll is back.
Épisode 4 / De la grande illusion financière (part 1)…

Tiens je vais m'allumer un cigare de banquier pour gratter ce post.
(Non, je ne fume pas. C'est différent…).
Grand moment sur France 5 avec C Dans L'air, «Banques : qui veut gagner des milliards ?», qui revenait sur les 1 milliard d'euros de bonus provisionnés par BNP Paribas qu'elle versera à ses traders pour bons servis rendus pendant ce premier trimestre : quelque chose comme 3 milliards de bénéfices réalisés sur les marchés financiers.
Au cours de cette émission des spécialistes, dont la compétence est indiscutable, ont rappelé une «règle» de finance datant de la nuit des temps et qui est la suivante : plus la rentabilité possible est élevée plus le risque est élevé. Rien qu'à l'énoncé de cette «loi», qui obéit à une règle de bon sens, je me suis dit : oui, ce sont de vrais spécialistes. Avec les âneries qu'ils répètent inlassablement à chaque crise.
Un truc de bon sens que j'avais évoqué dans un précédent post : quand vous avez une économie (la production des entreprises et la consommation) qui n'a que 2 ou 3 points de croissance, comment peut-on alors imaginer, sur le court terme, des rentabilités de placements financiers à 10, 15 voire 20 points ? Madoff, ça vous dit quelque chose ?
Raisonnons à la hache. Hier, BNP Paribas était plantée de 5 milliards. On (nous) les lui file, et 3 ou 4 mois plus tard, elle dégage 3 milliards en partie avec. On mise 5 au casino de la bourse et des marchés (analogie qui n'a pas été démentie par un «spécialiste» de l'émission) et hop on en ramasse 8, puisqu'on dégage 3. Bien sûr qu'ils n'ont pas fait 60 % de rentabilité… Conclusion : ces rentabilités spectaculaires (10 % ? 15 %?) résultent forcément de placements hasardeux. Selon la fameuse loi précisément évoquée.
Et ces brillants intervenants de rappeler les deux dernières bulles qui ont pété : celle des subprimes, tout le monde connaît, et avant, celle qu'on appelle pudiquement la bulle des hautes technologies.
La prochaine bulle annoncée par nos brillants financiers ? la bulle des LBO.
Quézako un LBO ? Votre serviteur connait, puisqu'il l'a pratiqué pour acheter son affaire, et va vous expliquer le «truc». C'est simple et parfaitement légal.
Un groupe de repreneurs veut acheter la société Martin Ltd qui est valorisée à 100 M€, par exemple. Ce groupe monte une société, Hinvest, qui emprunte à des banques et au marché les cent patates (je simplifie car ils peuvent se limiter à moins avec un crédit vendeur, mais bon, ça ne change rien au mécanisme et à son danger). Hinvest fait un chèque de 100 millions aux actionnaires de Martin Ltd qui devient ainsi une filiale à 100 % de la holding Hinvest. La holding a alors au passif une dette de cent millions d'euros garantie par un actif : Martin Ltd. Objectif des repreneurs : développer fissa Martin Ltd pour qu'elle crache un maximum de bénéfices qui seront reversés en dividendes à son actionnaire : Hinvest. Et avec ces sommes, Hinvest de rembourser en 5, 6 ou 7 ans son emprunt.
Ainsi le marché a misé sur Martin Ltd. Juste que le LBO, c'est un truc qui marche quand il y a de la croissance en générale, ou que la société est sur un marché ultra porteur, ou quand on est quasi sûr du développement de la boîte. Mais comme la croissance est peau de balle, que les boîtes en LBO annoncent plutôt des pertes, et que leurs emprunts sont nichés dans des packages bricolés par les traders qu'ils se refourguent entre eux (titrisation), pas besoin d'être un grand stratège de la haute finance pour se douter que cela va mal finir.
Et l'internet dans tout ça, imposture ?
Si j'ai allumé un cigare, c'est que ça va être long et en plusieurs épisodes.
Le financier dit : plus la rentabilité possible est élevée plus le risque est élevé.
Moi, je connais un autre proverbe qui dit autrement la même chose : les mêmes causes produisent les même effets.
Flash back fin des années 90, sur la bulle Internet qui transforma des milliards de dollars en fumée.
Sur quoi tout le monde spéculait ? Sur l'illusion que tout aller se passer sur l'Internet : dématérialisation de certains produits et services via la rapidité des échanges ; nouveaux services boostés par l'interconnexion du «village planétaire» ; bref, l'utopie d'une économie de l'abondance. Et en corollaire des tripotées de business-models qui tablaient non pas sur des volumes de marchandises, de matières, de transactions réelles, mais sur des nombres de contacts, des abonnés à qui on était convaincu qu'on vendrait des tas de trucs, puisqu'on les tenait attachés à un fil, l'Internet, et en plus à un téléphone portable.
Tout le monde s'est emballé avec des systèmes de valorisation des entreprises non pas sur des actifs réalisables, mais à réaliser, et déterminés sur la base d'une unité : l'abonné. Telle entreprise estimait que son abonné valait 1000 $ par rapport à ce qu'elle lui vendait et surtout à ce qu'elle allait lui vendre. Si l'entreprise avait 100 000 d'abonnés, l'affaire était donc vendue (ou achetée) 100 M$. Et peu importe si son CA au moment de la transaction n'était que 1 ou 2 M€ avec 10 fois plus en pertes…
Ma tata de Montluçon disait : faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué…
Quelques rappels : France Telecom planté par Orange (surpayé de 1 Md€) ; AOL Time Warner, avec 50 Md$ de pertes fruit d'un mariage foireux avec AOL (la mariée n'avait rien dans le panier) ; Vivendi Universal : 16 Md€ de pertes pour sa convergence des contenus trop optimiste ; Sisco : 2 Md€ de pertes dans des starts-up foireuses, etc.
Rien n'a changé, on recommence…
Depuis 4 ou 5 ans, une nouvelle unité de calcul et de gonflette sévit : le compte.
Compte Facebook, compte Friendfeed, compte Bidule, compte Truc et le dernier en date qui développe une stratégie de pollution fascinante : le compte Twitter.
Dans une dîner en ville, ça ne rate pas, à un moment tombe la question : «Au fait t'as un compte Facebook ? ». Et vu que tout le monde y est presque, on ne risque pas de passer pour sombre geek…
Attention ! Démonstration de la différence entre compte et abonné : l'abonné, il payait vaguement un truc (c'est ça ! l'abonnement…) alors que le compte c'est gratuit.
Cela dit, si on réfléchit, ce terme «compte», est totalement pompé sur le réel. Comme dans la vraie vie, sur un compte à BNP Paribas, on y dépose son argent. Sauf que sur son compte chez Truc ou Machin on y dépose juste toute sa vie : textes, notes, CV, messages, expériences, photos, vidéos, fichiers, cui-cui, poke, etc. Un peu en vrac, mais surtout sans bourse déliée.
Chez BNP Paribas, ils vous aiment bien, mais bon, ils vous alignent quelques frais de gestion et en cas de découvert, boom, les agios.
Chez Facebook, on peut déposer des photos, des photos, des photos, des photos, des photos, des photos, des photos, des photos, des photos, des photos, des photos, etc. Vous creusez tranquillement votre compte sur les disques durs de leur armée de serveurs : cool, ils ne vous demandent rien.
D'ailleurs personne ne demande quoique ce soit.
En 2007, Facebook est valorisé à 15 milliards de dollars via la générosité de Microsoft qui lâche 240 M$ pour un strapontin : 1,7% du capital. Soit, à l'époque, 250 $ pour un compte. On retrouve ainsi les mêmes ratios surréalistes de la première bulle. Là, nous sommes plus dans le LBO, mais dans les hautes stratosphères de la cartomancie, de l'art divinatoire et de la boule de cristal appliqués à la finance.
Le modèle économique de Facebook est totalement fumeux si ce n'est qu'il est entretenu par des stratégies d'annonces. C'est normal, c'est comme ça qu'on anime le marché financier pour l'embrouiller, l'exciter ou le calmer. (j'y reviendrai dans un autre post où le surréalisme est à son paroxysme !). Le bilan de Facebook est un secret militaire ; pour 2008, on parle de 150 M$ de CA pour 200 millions de comptes, soit 0,75 € de revenu annuel par tête de pipe. Autant investir chez un boulanger… Et pour achever le tableau, vous ajoutez 50 M€ de pertes. Tous ses serveurs remplis à bloc de photos, de poke et de vidéos qui tournent en rond, faut bien les payer. Sans parler de la bande passante de fous.
Tous ces apprentis sorciers, car il n'y a pas d'autre mots, et les financiers qui les accompagnent semblent oublier un règle basique du marketing et du commerce : quand un service est gratuit, le «consommateur» n'a aucun scrupule à partir du jour au lendemain dès qu'il voit l'herbe plus verte ailleurs.
C'est exactement ce qui se passe avec Twitter, la nouvelle fumisterie financière du moment. Sauf que les fondateurs (et futurs vendeurs aux premiers gogos qui passeront – et ça ne ratera pas) ne savent toujours pas quel est le modèle financier. Il y a 10 ans, au moins, on enfumait avec les business-model. Aujourd'hui, que dalle ! Comme pour Facebook, les données financières sont floues : on parle pour l'instant de 50 M$ injectés dans un truc qui rapporte strictement rien pour l'instant, même pas une petite bannière de pub…
Alors est-ce qu'une nouvelle bulle va exploser ? Oui.
Pour deux raisons :
La reproduction du phénomène de rachat ou de fusion financé par du vent. C'est le cas de Facebook qui, paniqué par Twitter, vient de racheter Friendfeed, un vague concurrent, un machin gratuit qui mélange des tas de flux pour accélérer cette fameuse circulation circulaire et qui n'amuse que les geeks (pour l'instant). On parle de 50 M€ dont 15 M€ en cash (ils les sortent d'où ?) et le reste en échange d'actions. Des actions qui ne valent strictement rien aujourd'hui. Sauf que les anciens proprios de Friendfeed se sont empochés 15 patates. Et il ne faut pas rêver, après eux, le déluge…
La seconde raison, et qui aggrave l'impact à venir de ces échanges de monnaie de singes, est liée à la taille gigantesque du marché aujourd'hui. Elle excite encore plus l'imagination des visionnaires exaltés de l'Internet (et cela participe à cet enfumage du marché financier) et conduit surtout à une fuite en avant inévitable : un empilement de recapitalisations pompant les marchés, de l'argent, du vrai, pour continuer à financer le fonctionnement de ce bazar.
Peut-on imaginer une seconde que tout cela s'arrête du jour au lendemain ?
Les huissiers débarquent chez Facebook, Twitter, nombre de plateformes de blog, Dailymotion (CA 2007 4,7 M€ pour 14 M€ de pertes), Flickr… pour tout saisir (si il y a quelque chose à prendre, car il y est certain que les serveurs sont externalisés) afin de tenter de récupérer les centaines de millions, voire milliards si on met tout bout à bout tous ces investissements qui à ce jour ne rapportent que des pertes, car les financiers ont besoin de récupérer leur cash. Un mouvement de repli classique, avant le patatras…
# p o u f #
Fini ! Tous nos comptes disparaissent, les blogueurs ne peuvent plus raconter leurs filleries ou leur salades, les «influents» perdent leur nouveaux outils de bruit et fond de commerce, les copains virtuels ne peuvent plus se RT, se poker, on ne peut plus lancer de pétitions, faire faire le tour de la planète à des scoops foireux en 30 secondes, tous les média ne peuvent plus faire cui-cui…
Bref, 200, 300, 400, 500 millions (?) de personnes privés de leurs joujoux ? Impossible de faire marche arrière, de toute façon c'est fait, dites-vous ?
C'est précisément parce que ce scénario est impossible qu'un jour ça claquera….
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12 août 2009
Rien. Rieeenn je ne reg…
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