Derrière le Paravent Suèdois

Derrière le Paravent Suédois se cache un imposteur qui se fait passer pour une imposture… Donc zéro + zéro égal la tête à Toto…

06 septembre 2009

Un passage à Vi(d)e (part 4)

Comme je l'ai annoncé, je suis un paresseux professionnel. Oui, c'est un métier. Donner l'illusion qu'on fait plein de trucs tout en faisant le minimum. Mine de rien c'est du boulot. Par exemple, pour ce blog, qu'il faut bien animer un peu, j'ai un système de gestion et de stockage des billets. Ceci me permet de publier des trucs d'un seul clic. Et voilà, hop une redif…

Jeux de flèches…

Villa en bord de mer. Nous y sommes cachés depuis 2 jours, amants impossibles. J’ai apporté le jeu car elle m'a dit aimer jouer. Elle veut apprendre… La règle est simple. C’est un jeu de course, sorte de petits chevaux. En plus subtil… Jeu des 24 flèches, Tric Trac, Tourne-case, Jacquet, depuis le Moyen-âge (enfin, je crois…), ce jeu a vu ses règles et variantes évoluer, pour arriver à la forme actuelle : jeu de toute-table, plus connu sous le nom de backgammon.

Je suis un joueur. Je joue depuis l’adolescence. Je suis en train de passer le virus de cette belle maladie à mes enfants. Leur chambre est remplie de jeux : des grands classiques, échecs, dominos, go, mah jong et backgammon et des plus modernes tout aussi passionnants, puissance 4 version 3D, othello et le dernier assez passionnant : blokus. Mais, rien à y faire, celui que je préfère de tous c’est le backgammon. Ce jeu est beau, élégant, raffiné et simple.

C’est en premier lieu un objet, une pièce d’ébénisterie. Je n’ai pas la chance de posséder un grand jeu classique en bois avec des pions lourds et brillants*. J’ai un petit modèle depuis 30 ans avec des pions en bois et deux beaux godets pour jeter les dés. Les godets : le son des dés qui roulent à l’intérieur et chutent en cascade sur les flèches trébuchent contre les pions, la barre centrale… C’est ça avant tout le backgammon, des sons, des gestes. J’ai passé quelques jours en Turquie, où ce jeu est une véritable institution, et j’ai observé les joueurs installés aux terrasses des cafés jouant à une rapidité extraordinaire. J’en ai ramené deux jeux qui sont magnifiques : marqueteries fines, flèches entrelacées d’arabesques, pions aux formes maladroites perlés de nacres, dés fins, odeur particulière des vernis exotiques. Ces jeux sont beaux. Ils décorent mes étagères, mais sont malheureusement injouables. La richesse des décors rend le plateau illisible pour bien jouer.

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Le backgammon est un jeu intelligent. Certes il y a des dés pour tirer le nombre de flèches à parcourir, mais les combinaisons d’utilisations sont telles, que le joueur peut développer des tactiques. C’est en ça que j’aime ce jeu, ce mélange subtil de hasard, de probabilité et de stratégie, lui donnant toute sa dimension machiavélique.

Le backgammon c’est aussi du poker. Mais un poker raffiné où le hasard est presque contrôlable. L’enjeu de la partie, car on peut parier, peut être doublé à chaque instant. Si le joueur refuse le double proposé par l’adversaire, la partie est arrêtée et il perd. S’il accepte, lui seul pourra redoubler l’enjeu de la partie. Bluff possible…

Villa bords de mer. Je viens de lui apprendre. Nous avons joué plusieurs parties et je l’ai laissée gagner pour qu’elle prenne goût au jeu. Elle me propose que l’on joue cette fois avec un enjeu, disons coquin… Bonne idée… Je crois que je vais gagner…

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Première diffusion sur 20six, le 5 mars 2005.

* Manque rattrapé depuis…

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08 août 2009

Un passage à Vi(d)e.

Comme ce week-end j'ai beaucoup plus envie de IRL que de @, RT, troll (j'ai enfin compris hier ce concept, quand je l'ai vu sur un tweet de Maitre Eolas, là, je me suis dit, faut que tu te documentes…) et autres MDR, LOL… Je vais la jouer rediffusion 20six de 2005.

L'Internet et les technologie du Web vont vite. Très vite. Et à l'échelle de ce temps virtuel, 4 ans, c'est presque 20 ou 30 ans dans la vie réelle (pardon, je traduis : IRL). C'est cette évolution rapide via ces machins communautaires, sociétaux et co, où tous ce qui ne dépasse pas 140 signes n'a point de salut qui engendre une paresse rédactionnelle ; c'est pour cela que je ne lis qu'un nombre, que dis-je un chiffre de blogs réduit.

Car des blogs d'il y a 30 ans,
pardon 4 ou 5 ans, à Twitter, nous avons fait un grand saut créatif, pas l'ombre d'un doute.

Bref. Je ne prétends pas être Proust, mais j'aimais bien cette idée de «journal personnel» comme on nous a vendu les blogs à l'époque. Au début quoi…

Donc je me reblogue (RB).

Je retourne à mes vernis et cire, la première couche doit être sèche…



Blanche #1

philips


Il y a quelques mois, ta maman m'a déjà offert le Sgt Peppers. Tu te souviens, on l'a écouté ensemble sur ce magnifique électrophone rond Philips.

Cette fois je lui ai demandé le Double Blanc. On est là, cet après-midi, ensemble à le découvrir. Comme moi, tu aimes John, Paul, Ringo et Georges. Je commence à écouter de la pop. Cet album me surprend. Patchwork musical dans lequel j'ai un peu de mal à rentrer. Je dois être trop jeune. Mon oreille n'est pas encore assez formée. Ce rock bruyant, ces guitares. Comme moi, tu préfères, les mélodies et les ritournelles de Paul. Blackbird… Oui, Blackbird, on l'aime celle-là.


On l'aimait.


Hier, Junior m'a demandé ta photo. J'ai très peu de photos de toi. Mais des images, oh oui, j'en ai plein la tête. Là, tout de suite ? images de ta boulimie de lectures, de cinéma à la télé. Et nos après-midi à regarder les redifs de vieux films : Renoir, Carné, Autan-Lara, Chaplin, Keaton. Je me rappelle… J'avais déjà les virus : pop, cinéma, dessin, BD. Tu n'as rien fait pour me soigner. Au contraire, à la bibliothèque, on y allait avec le caddie. Des fous !


Après-midi calmes dans ma chambre à dessiner, faire des cartoons, dévorer Lovecraft, Poe, Shelley ou Maupassant. Fenêtre ouverte sur la cour. Bruits d'oiseaux. Blackbird. Toi, tu lis…


Avec le kid, j'ouvre la boîte à photos. Je trouve tes photos. Beaucoup de vieilles photos. Vieux tirages noir et blanc. Blanc comme un album des Beatles. Blanc comme ta robe de mariage. Pour tes 19 ans. Tu as quelque chose. Tu as du charme, tu es belle tout simplement…


Hier soir, ton petit-fils de 8 ans a collé ta photo sur son arbre généalogique.

Pile 20 ans que tu as décidé de partir.

Blackbird.

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Première diffusion sur 20six, le 5 novembre 2005.

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25 juillet 2009

Rien. Rien au carré.

J'aime beaucoup les théoriciens de l'Internet. Surtout quand il s'agit de créer des signes et des symboles pour désigner des "mutations". Déjà j'aimais bien la marque "Web 2.0", alors que personne n'avait parlé de "Web 1.0" ou de "Web Bêta"… Mais bon.

Donc manifestement on se dirige vers le, je cite, le Web Squared. Mazette !!… Pour en savoir plus on clique sur l'image.

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Je ne voudrais pas être désagréable mais si l'idée est de dire W+W = W au carré… heu, là, les gars faudra revoir vos cours de mathématiques. W+W est égal 2 fois W et non pas WxW…

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Baaah oui, j'ai bien vu que un W désigne le Web et l'autre W le "World". Mais là je pose la question qui tue : de quel World il s'agit. Pour le définir je n'ai pas d'autre moyen que de résoudre l'équation.

- Soit W donc le Web
- Soit W' le World

Posons donc le théorème des mathépenseurs de l'Internet :

W+W'=W au carré.

d'où

W' = W au carré moins W. Soit :

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Ainsi, mes chers auditeurs, je viens de démontrer - sans utiliser PowerPoint ! - que le Monde est égal au carré de L'internet moins lui

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La semaine prochaine je vous démontrerai comment Facebook, Twitter et Youporn convergeront à l'aide des équations de Bernouilli. Je vous conseille de revoir vos cours de mécanique des fluides.

Daniel_bernoulli

Daniel Bernouilli (1700-1782) qui a publié
Hydrodynamica, sive de Facebookus et Twiterrus Fluidorum microsoftii

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05 juillet 2009

Rien. Absence.

Je dois m'absenter quelques jours…
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Désolé, mais je vais avoir un programme chargé pendant
deux semaines et je ne suis pas sûr de pouvoir passer ici…

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28 juin 2009

Rien. Influence.

P'tain ayé, je suis célèbre. Dans la blogopshère. À nouveau, j'aurai envie d'ajouter sans fausse modestie, rapport à petite gloire passée sur 20six. Tu me diras dans blogosphère, il y a sphère, une boule, un machin dont le cercle est à la base. Donc forcément, on tourne un peu en rond et on finit par revenir au point de départ.

Alex, tu as raison, je dois être un, je cite, 'blogueur influent', sans que je le sache et surtout en ne faisant strictement rien qui irait dans ce sens. Je demande naïvement combien je te dois pour la place d'un spectacle en ville auquel tu convies les stars de la blogosphère, celles qui causent dans le poste (le vrai, la TV ou la radio), pour que tu me répondes « bah, rien, t'es un influent ! ».

Whoooo…

Et là ce matin, en me connectant sur canal, que vois-je ? Ça :

canal

Alors cher ami qui arrive derrière mon paravent suédois de blogueur influent sache :

Petit a : bienvenue,

Petit  b : installe-toi, fouille, fais comme chez toi, tu trouveras forcément un truc à te mettre sous la dent, sous les yeux ou dans les oreilles, vu que ça cause essentiellement de rock, de ciné, de tv, de tout et surtout de Rien.

Petit c : si tu habites à Paris et tu ne sais pas quoi faire un soir vers 21h30, bah file vite au Théâtre de Trévise voir un bon stand-up qui sent bon la Suisse et surtout les histoires qu'on a tous plus ou moins vécues : coup de foudre, sexe, vie de couple, tromperie, etc. Allez va, va…


Fredéric Recrosio
au théâtre Trévise - 14 rue de Trévise - 75009 Paris.

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15 mai 2009

Circulez…

… Il y a de bonnes chances que vous veniez de là :


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Vous pouvez rester, mais bon faudra fouiller dans les archives pour trouver un truc intéressant.


Ah, mes braves dames, les blogs, c'est plus ce que c'était…

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10 avril 2009


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29 décembre 2008

La Civilisation du Rien (Nothing)

Il y a de fortes chances que ce post soit le dernier de l'année 2008. Donc je vous souhaite une très bonne année 2009.

Voilà, ça c'est fait.

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Finalement il ne se passe rien sur ce blog. J'avoue que je me lasse un peu de tout ça, plus de quatre ans que je gratte derrière ce paravent et je m'autorise le droit à avoir un coup de mou sur ce truc. Mes préoccupations sont ailleurs. Regarder des films loupés par exemple. Des films que j'ai loupés, pas loupés. Enfin, je me comprends.

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Dans le genre film sur le Rien avec un contenu dense sur le plan de la mise en scène, avec un scénario plus que malin malgré un postulat de départ archi casse-gueule et un jeu brillant en "huis-clos" de deux acteurs, j'ai rattrapé ce week-end le Nothing de Vincenzo Natali qui m'avait déjà bien bluffé avec son Cube réalisé avec trois bouts de ficelles…

L'extrait est assez parlant pour vous donner une idée du pitch de départ qui va vite devenir jubilatoire, pop, surréaliste, terrifiant, naïf…

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Le Civilisation du Rien a encore frappé. Montant de la facture : 50 milliards de dollars partis définitivement dans un trou par les bons soins de l'ancien patron du NASDAQ (rien que ça!), Monsieur Madoff qui a enfumé la planète entière avec ses produits financiers miraculeux (plus connus sous le nom de cavalerie…).

Si les familles Peugeot, Mulliez, Ricard, Darty, Dassault sont victimes de cette "escroquerie" à hauteur de plusieurs centaines de millions d'euros, par effet domino, c'est finalement nous, vous, enfin quasiment tout le monde qui va payer la facture : produits bancaires courants plombés par ces placements bidons et familles d'industriels qui voudront récupérer leurs mises via des dividendes plus accrus et donc par le biais de réductions de budgets et des compressions personnels nécessaires, etc.

J'ai lu 2 ou 3 papiers sur cette affaire et à chaque fois ça m'est tombé des mains. Comment des financiers, des gens censés avoir une certaine forme d'intelligence, peuvent imaginer des placements qui vont leur rapporter 10 ou 15 % alors que la croissance économique est quasiment nulle ?

dessintricher_Mouvement_perp_tuel_1961

L'économie est un système mathématique, voire physique. Or précisément, en physique, cette idée qu'un système puisse générer plus qu'il ne consomme est un rêve fou, une utopie totale qui porte un nom : le mouvement perpétuel. Le mouvement perpétuel qui produit une énergie quelle qu'elle soit (électricité ou dividendes) n'existe pas et n'existera jamais.  C'est connu, répertorié et démontré depuis Laplace (1749-1827)…

Une escroquerie similaire au système Madoff avait eu lieu dans les années 30. Et précisément Madoff semble avoir déclaré qu'une telle arnaque ne pourrait plus avoir lieu aujourd'hui ! Comme quoi une fois de plus cette utopie de la communication et des réseaux à tout va qui devrait mieux nous informer nous aveugle et produit surtout du Rien…

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11 décembre 2008

La Civilisation du Rien (Classement…)

Wikio vient donc de publier, avec le magazine Elle, le top moumoute classement des meilleurs blogs de filles. Ma copine Violette est donc la reine dans sa catégorie et j'en suis ravi car son blog me fait bien marrer.

Maintenant je ne sais pas qui sont ces gens de Wikio. J'ai donc était voir et je les ai interrogé pour connaître le classement de mon blog dans la blogosphère. Voici le résultat :

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Ce qui me fait plaisir dans l'histoire, c'est que je suis le seul imposture dans le résultat et que je suis 8431e blog de la blogosphère. Sachant qu'il y a probablement des centaines de milliers de blogs français dans la blogosphère, je suis pas peu fier de ce résultat. Même si j'ai dégringolé de 297 places depuis le dernier classement. Quand ? on sait pas et pour tout vous dire je m'en contrefous !

En fait je trouve ce classement d'un sans intérêt et d'une stupidité abyssale. Il ne vous a pas échappé qu'il ne se passe rien sur ce blog depuis plusieurs mois, hormis des notes pénibles accompagnées de commentaires qui se comptent sur les doigts d'un manchot. Et malgré ce vide, le machin Wikio a décrété que j'étais le 8431 blog de France et de Navarre sur 400 000 autres blogs ? ou 600 000 ? Étonnant non ? Les 391 569 autres blogs seraient donc aussi pleins de vide que le mien ? (ou 591 569 ? Si quelqu'un peut me renseigner sur le nombre de blogs en France… Merci.)

Je vous laisse lire les critères de calcul :

"La position d'un blog dans le classement Wikio dépend du nombre et de la valeur des liens qui pointent vers lui. Ces liens sont dynamiques, c'est-à-dire qu’ils s’agit de rétroliens (backlinks ) ou de liens postés à l’intérieur des articles. Les blogolistes (blogrolls) ne sont pas prises en compte et le poids des liens décline en fonction du temps, ceci afin d’être le plus représentatif possible de l’influence actuelle des blogs sachant que le Top des blogs est mis à jour tous les premiers du mois. De plus, la valeur de chaque lien dépend du classement du blog qui le poste. Ainsi, dans notre algorithme, la valeur d'un lien posté sur un blog du haut du classement est plus importante que celle d'un lien posté sur un blog de moindre autorité. Enfin, le Top des Blogs propose également des classements thématiques : High-tech , Gastronomie, Littérature, Politique, Sport... De nouveaux classements voient le jour régulièrement. "
©Wikio.

J'ai mal à la tête…

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Wikio, un puissant algorithme qui compterait du Rien pour classer du Rien ? À part toi chère Violette bien entendu…

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15 octobre 2008

Mon mot d'excuse pour absence prolongée

breton

Note écrite au milieu des cartons, l'auteur étant en plein déménagement et privé d'Internet pendant une dizaine de jours…

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Dans les années 80, le magazine d'Ardisson/Filipacchi, L'Écho des Savanes, avait titré «Monaco, Monacul, Monafric». Inutile de vous dire que le Rocher a moyennement apprécié et que des têtes ont dû tomber… La mienne (de tête), après lecture de ce billet pourrait tomber du coup. Bah, oui, je rentre de deux jours de balade à Monaco. Explication :

Fidèles lectrices (et lecteurs…), vous savez que j'ai publié un roman l'an dernier, «Le syndrome de Roch», paru chez l'Arganier. C'est mon premier roman. Enfin, pour l'instant (j'en ai deux autres en cuisine, mais l'accouchement est laborieux). La Fondation Prince Pierre de Monaco (le grand père de Caroline, Albert et Stéphanie) décerne tous les ans des prix de littérature, musique et art contemporain. Dans la catégorie littérature, 3 prix sont attribués : le grand prix qui va à un auteur confirmé, la bourse du premier roman d'un auteur de moins de 40 ans (votre vieux serviteur partait donc mal dans cette catégorie) et enfin le coup de cœur des lycéens de la Principauté, un peu selon le principe du Goncourt des lycéens en France. Je «jouais» donc dans cette dernière catégorie.

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On va vite abréger le suspense : je n'ai rien gagné. C'est Cécile Reyboz, avec «Chanson pour bestioles» qui a remporté la timbale (et la bourse qui va avec). Sans vouloir flatter la demoiselle (si tu me lis Cécile, hi, hi…), les extraits lus par Daniel Napoléon Mesguich m'ont donné une furieuse envie d'acquérir ce texte. Idem pour le coup de cœur des kids décerné à Jérôme Lafargue pour «L'ami Butler». Acquisitions faîtes dès le lendemain à la Fnac de Monaco. Oui, parfaitement, entre une boutique Gucci, Cartier ou Chanel, on trouve quand même une Fnac à Monaco…

Ah, Monaco… C'est concept Monaco.

Comment vous dire…? Une chose est sure, ce n'est pas Monacul, ni Monafric… Non, c'est plus subtil, plus irréel, plus intemporel. C'est ça, le temps s'est arrêté. À quelle époque ? là j'aurais du mal à vous dire…

Le jour de la remise des prix, mardi dernier, j'ai eu un emploi du temps de ministre. Euh de prince, de baron ou un truc comme ça. C'est parti :

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Arrivé à 11h à l'aéroport de Nice. Accueil par une charmante demoiselle blonde bronzée qui me conduit à ma voiture : une BMW noire conduite par une autre charmante latine. Manifestement à la Fondation, il n'y a pas de chauffeurs. Il n'y a que des hôtesses en tailleur, portable-oreillette parlant français, anglais et italien et conduisant des BMW noires avec le logo de la Fondation. Ça change du taxi pris à 7h du mat pour aller à Orly… L'hôtesse nous remet un dossier individuel façon «Mission impossible» avec emploi du temps au cordeau, et cartons successifs d'invitations à diverses manifestations.

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Arrivée au Lycée Albert 1er vers 13h30, après un passage à l'hôtel, un petit truc de 25 étoiles où que dans la baignoire de la chambre tu peux faire un dos crawlé… Bref, sans intérêt. Accueil au bahut par des étudiantes ravies de voir des auteurs en chair et en os. Échanges sympathiques autour d'un buffet puis dans un cadre plus formel en amphi débat. En sortant de le conférence, j'accorde une interview express à la TV locale (je vous ai dit que j'avais eu un emploi du temps de vicomte en visite officielle…).

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Retour à l'hôtel vers 16h pour prendre une douche, me changer afin de participer aux activités protocolaires.

18 h : vernissage d'une sculpture contemporaine primée par la Fondation. Nous sommes priés d'attendre dehors le temps que Caroline et Albert finissent d'admirer en privé ladite œuvre. Je poireaute au milieu du gratin monégasque avec qui je vais passer toute la soirée. C'est là que je rentre dans une autre dimension. Je ne sais plus si je suis à Disneyland, dans un épisode de Dynastie, Dallas ou le Prisonnier? Tout est un mélange de look friqué années 80 et de début du siècle précédent. La moyenne d'âge devrait avoir sa carte vermeil…

Le prince héritier et sa sœur sortent et s'engouffrent
dans des limousines entourées de braves gaillards costards-oreillettes.

Nous pénétrons enfin dans la salle pour voir l'œuvre.

Je vois. Je sors.

Le buffet dressé sur le port est pris d'assaut par des vieux et des enfants. Une petite fille s'empiffre de canapés au saumon comme mon fiston de Pépitos. Une dame âgée bling-bling demande à la soubrette derrière le buffet qui est le traiteur. Celle-ci s'offusque et lui répond que c'est eux qui font tout. Non mais, elle a de ces questions celle-là ! On piétine. Le buffet est sans fin, des plateaux de saumons, petites pizzas, beignets et croustillants sortent en flux continu de nulle part. Des serveurs virevoltent avec des plateaux de sucreries et mignardises. C'est infini…

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20h. Nos hôtesses à BMW passent nous prendre pour nous conduire à la salle Garnier au casino. J'entre dans le fameux casino de Monte-Carlo. J'ai l'impression d'être propulsé au milieu des années 50. La cérémonie d'annonce et de remise des prix de la Fondation se déroule comme ce genre de cérémonie : lente et ennuyeuse. Certes le maître de cérémonie est brillant dans l'élocution, les enchaînements, les questions posées aux lauréats. Mais tout ceci reste désuet, à base de citations de Colette ou Guitry. Je rajeunis de 40 ans d'un coup. Je ferme les yeux, je me vois regardant Télé Dimanche sur le poste noir et blanc de mon grand père. Les fantômes de Raymond Marcillac, Roger Lanzac ou Jean Nohain passent sous les lustres dorés de ce théâtre d'un autre temps.

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21H45. Fin de la cérémonie. Mes nouveaux amis seniors CSP Super Extra + et moi traversons ce décor hollywoodien qu'est la petite place du casino avec son grand café pour nous rendre au dîner de gala à l'hôtel Hermitage. Re buffet-champagne dans un hall somptueux. La princesse Caroline qui a présidé la cérémonie est là et s'entretient avec les lauréats. Les portes de la salle à manger son fermées. C'est elle qui décidera quand on passera à table.

Assez tard. Les portes s'ouvrent. Enfin. Chaque convive a une table attribuée et est placé. Je retrouve Medhi Omaïs, auteur sélectionné pour «La mort est belle». À ma gauche un administrateur de l'orchestre de Monaco, et à ma droite un jeune attaché de presse de la principauté. La table est essentiellement composée de convives dans la partie musicale. Je me livre à l'exercice du dîner mondain. Le vrai de vrai. Celui où il faut savoir parler de tout et n'importe quoi avec des voisins d'un autre monde. À la table voisine se trouve la princesse Caroline qui donne le rythme. En particulier, selon le protocole, personne ne se lève de table tant que la princesse est là…

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Je prends goût à la conversation de la table. Medhi, l'attaché de presse et moi finissons par conduire la discussion sur le cinéma et la musique. Le café a été servi et bu. Le temps passe. Les convives se tortillent sur leurs fauteuils. Il se fait tard, faudrait songer à y aller, non ? Enfin, une petite heure après le café, la princesse décide de se retirer. Elle se lève. Toute la salle se lève alors en silence et attend. La princesse papote, serre des mains à droite et à gauche, échange encore un mot par ci par là, et traverse la salle dans une allée formée de convives. Elle est partie. Une sonnerie virtuelle doit résonner quelque part. Tout le monde sort d'un coup, comme à l'école…

1h15. Nos hôtesses à BMW ont disparu ? Pas grave, nous demandons notre chemin à des locaux en tenues de soirées et vitrine Chaumet ambulante. C'est ça Monte-Carlo. tout est petit, simple, plein d'argent, tellement qu'on n'y prête plus attention en quelques heures. L'hôtel Fairmont où nous résidons quelques auteurs et moi, est aussi à quelques pas. Il suffit de descendre la rue. Monaco c'est une succession de montées et de descentes…

2  heures. Je me couche dans un lit somptueux.

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11 h. Je petit déjeune - ou plutôt brunch - face à la mer dans un cadre de luxe et de raffinement. La carte des prix que j'ai consultée dans la chambre annonce 35 euros.

Je retrouve Richard Andrieux, auteur de «José» et nous allons prendre un café face au Casino. Le ciel est magnifique, bleu et il fait chaud.

Je suis nulle part. Le reste de la planète n'existe plus.
Nous sommes un jour de semaine. La terrasse est pleine de quelques touristes parlant américains, de maisons de retraites italiennes déversées par minibus. Et surtout de locaux. Je me demande si il y a des gens qui travaillent ici. Non…

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8 euros la bouteille de Schweppes,
modèle Playmobil…

Monte-Carlo.

Nous prenons le soleil et observons le film dans lequel nous sommes acteurs depuis 24 h maintenant. Je pense aux vieilles productions de l'âge d'or du muet américain, aux folies d'Eric Von Stroheim, lumière blanche des façades de Palaces en bords de mer, défilé incessant de Bentley, Jaguar, Porsche, Ferrari, Mercedes, BMW ou Audi pour les moins chanceux… Les voituriers accourent, des femmes très jeunes ou seniors en descendent arborant sacs de shopping et lunettes de soleil. J'ai beau gérer le budget de publicité d'un réseau d'opticiens, je n'ai jamais vu autant de strass D&G ou Chanel en moins d'une heure. Certaines s'installent en terrasse, beaucoup partent en laissant leur cabriolet aux bons soins des gens du casino.

Un sentiment d'ennui m'envahit progressivement. J'ai l'impression que la vie à Monaco est rythmée par les brunchs tardifs, les cafés en terrasse, la lecture sur un banc face à la mer, le shopping, les buffets de vernissages, inaugurations ou cérémonies, les dîners et les bals. C'est peut être ça «travailler» ici : attendre ses cartons d'invitations et organiser son agenda en conséquence afin de parfaire son bronzage permanent, sa manucure, son maquillage pour les dames et sa coupe de cheveux argentée.

Je n'ai plus d'autres cartons, hormis celui de ma charmante hôtesse italienne qui va me reconduire à Nice, le sas de retour à la vraie vie.

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Je repasse une dernière fois à l'hôtel pour prendre mes affaires. Je photographie ma chambre et son mini bar impressionnant. Mon regard est attiré par un paquet noir au milieu des friandises, un «kit intime». C'est un préservatif. Comme tout est facturé dans le mini-bar, je compulse la carte pour connaître le prix du kit intime : 4 euros. Le titre racoleur de Thierry Ardisson me revient alors à l'esprit.

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En traversant la mini galerie commerciale du hall de l'hôtel, ma curiosité est encore interpellée par les annonces d'une agence immobilière. J'essaie d'analyser l'état du marché de l'immobilier local. Beaucoup d'annonces se terminent par «Nous consulter». Entre bonnes gens nous ne parlons pas d'argent. D'ailleurs l'argent qu'est que cela veut dite ici ? Rien. C'est abstrait. C'est comme les arbres, la mer et les oiseaux, c'est naturel. Je lis une annonce pour une location. 3 chambres, presque 200 m2 et une loggia de 95 m2. Je relis 2 fois le montant du loyer pour être sûr de ne pas m'être trompé. Je vous laisse découvrir…

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Monaco, c'est reposant. On ne pense à rien. Dormir, manger, respirer… Vivre quoi.

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Outre l'aventure ethnologique, je suis infiniment ravi d'avoir rencontrer des lecteurs (surtout des lectrices) de mon roman et d'avoir discuté avec eux. Et ça, c'est bien magique. Jusqu'à présent je n'avais eu que des échos de proches ou connaissances. Avec ces échanges avec des «inconnus», j'ai réalisé que ce bouquin n'était plus à moi. C'est fini. Il est aux lecteurs et aux étagères.

P'tain il faut que je m'y remette…

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Bonus, sur www.monaco.mc.
Cliquez la vidéo correspondant à cette icône :

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