Derrière le Paravent Suèdois

Derrière le Paravent Suédois se cache un imposteur qui se fait passer pour une imposture… Donc zéro + zéro égal la tête à Toto…

04 juillet 2009

Rien. HIStoryque.

Dire que la mort de Michael Jackson est un événement médiatique sans commune mesure est une lapalissade totale. Mais voilà, chez imposture, derrière le paravent suédois, on considère que c'est un événement historique.

Si, si.

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Historique dans le sens où il marque à sa façon une étape charnière dans une histoire. La mort de Bambi est le symbole absolu d'une autre mort, celle de l'industrie du disque. Une industrie qui a certes explosé en quelques dizaines d'années mais n'a pas su se remettre en question, n'a pas vu arriver l'Internet, et qui aujourd'hui pleurniche en France à l'assemblée pour qu'on lui vote une loi surréaliste et inapplicable pour tenter de sauver les meubles.

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Michael Jackson est le deuxième vendeur de disques de toute l'histoire derrière les Beatles. C'est un fait, qu'on aime ou pas.

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Justement, les Beatles, ils ont révolutionné l'industrie du disque. Avec eux le 33t est passé du stade de galette de vinyl à celui d'album, d'objet. Ils ont inventé le principe du «concept album» avec le Sergent Pepper's Lonely Hearts Club Band. Cet album, considéré par un jury de plus de 250 personnalités mondiales de la musique et des médias comme le premier du classement des 500 meilleurs albums de tous les temps*, provoque un séisme à sa sortie en 1967. Les Beatles ré-inventent tout et posent les fondations de l'industrie du disque pour les décennies à venir. Au delà du wagon de tubes contenu dans cet album, la révolution vient de la qualité exceptionnelle du son, des trouvailles de mixage (huit pistes à l'époque), de l'usage extraordinaire de la stéréophonie, les Beatles étant là dans votre salon, presque sur le canapé ; la pochette reproduit les textes de toutes les chansons ; la photo et la direction artistique sorties de nulle part (en fait de Paul McCartney, qui imposera également la pochette blanche du fameux double blanc…) seront reprises, pompées, détournées.

En 1967, l'album de rock et de pop est né, et l'acte de naissance est signé par les Beatles. À partir de là, tous les groupes de la planète s'attacheront à ne pas sortir des 33t mais des albums. Des albums guidés par une ambiance musicale générale, plus ou moins une histoire déroulée au cours des titres et livrés dans une forme de plus en plus travaillée. L'industrie de la pochette du disque battra son plein avec studios spécialisés et grands noms de la peinture, du cinéma, de la photographie mis à contribution.

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1982. Thriller** sort. Plus de 100 millions sembleraient avoir été vendus à ce jour. Comme les Beatles, Michael Jackson va lui aussi provoquer un deuxième séisme dans l'industrie du disque. Et pour qu'un séisme se propage bien, il ne faut pas qu'il y est trop de choses à secouer, sinon l'onde se disperse et s'atténue. À l'époque point de CD, point de MP3, point d'Internet, point de téléphone portable, mais des chaînes satellite et câble à l'état d'embryons. Canal + n'existe même pas. Bambi va s'engouffrer dans la brèche.

Comme les Beatles vont transformer le vinyl en or, Bambi va transformer le scopitone, qui opère une mue laborieuse, en clip. Il convoque John Landis (de la Bande à Steven Spielberg), Rick Baker, le spécialiste des maquillages de films d'horreur, visionne certainement en boucle le film culte de George A. Romero, la Nuit des morts vivants (1968), et surtout met au point une chorégraphie rentrée dans l'histoire au même titre que la pochette du Sergent Pepper. Ce clip de presque un quart d'heure est alors l'acte de naissance d'une nouvelle industrie du disque qui reposera sur un modèle artistique et marketing redoutable – album CD + singles + clips – relayés par des rouleaux compresseurs qui se nomment MTV, puis M6 et compagnie… Michael Jackson à la fois saltimbanque et homme de marketing (certainement bien entouré, mais plus avisé qu'on ne peut le croire) va dérouler ce modèle méthodiquement pour totalement dominer l'industrie musicale pendant prés de 10 ans.  Au point de pouvoir se payer une grande partie des droits d'éditions du catalogue Sony et des Beatles. Joyaux laissés en héritage à ses enfants…

Là aussi, le modèle Jackson sera scrupuleusement suivi par des générations de groupes, chanteurs et chanteuses avec stars d'Hollywood devant et derrière la caméra.

Si la fin de l'histoire de Michael Jackson est moins brillante tant sur le plan artistique que privée, celle de l'industrie du disque ne l'est pas plus. Car depuis les Beatles et Michael Jackson, a-t-on eu droit à un séisme d'origine artistique suffisamment fort pour que cette industrie mute, évolue, perdure à défaut de croître ?

À ce jour, les derniers séismes s'appellent, ou se sont appelés, CD, MP3, Napster, Itune, Ipod… Rien de particulièrement créatif dans tout ça, à part des trouvailles de technologies.

C'est ainsi que je considère la mort de Michael Jackson comme un événement historique. Il avait signé un second acte de naissance d'une industrie aujourd'hui moribonde, qui ironie du sort sursaute depuis quelques jours par la grâce du roi mort. La cérémonie de mardi au Staples Center devant des milliers des fans, sera également celle d'adieu d'un modèle marketing et économique définitivement mort.

J'espère juste de tout cœur qu'un troisième séisme se produira…

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*Rolling Stone. Éditions White Star. 25 €.
** Toujours par le jury réuni par Rolling Stone,
Thriller est le 20e album de tous les temps.

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20 juin 2009

Rien. Enfin… (part3)

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Bien entendu, il n'existe pas de texte pour
protéger le droit d'auteur…
(Dalloz éditeur - 2000 pages env.)

Virez une loi par la porte, elle revient par la fenêtre. Le volet répressif de la loi HADOPI ayant été bloqué par le Conseil Constitutionnel, Madame le ministre, en bonne exécutrice des volontés du Prince revient avec une solution : la sanction par ordonnance pénale. Autrement dit, c'est un peu le principe de l'envoi d'une prune quand vous vous faîtes choper en stationnement illégal ou par un radar. Sauf qu'ici on vous coupera l'Internet.

Je vous invite à aller faire un saut sur le blog de Maître Éolas qui décortique avec brio la stupidité abyssale de cette idée, le point d'orgue étant que cette idée fumeuse va à l'encontre même des intérêts des ayant droits. Morceau choisi :

"Le point de droit est que cette loi est contraire à l'intérêt des artistes, ce qui est un amusant paradoxe. En effet, l'ordonnance pénale suppose que la victime ne demande pas de dommages-intérêts (article 495 du CPP, al. 9). Donc les ayant droits ne pourront pas demander réparation de leur préjudice. Ils doivent sacrifier leur rémunération à leur soif de répression. Quand on sait que leur motivation dans ce combat est de lutter contre un manque à gagner, on constate qu'il y a pire ennemi des artistes que les pirates : c'est l'État qui veut les protéger.

Ajoutons que l'ordonnance pénale n'est pas applicable aux mineurs (article 495 du CPP alinéa 8) et que lesdits mineurs forment une part non négligeable des équipages de pirates du web, mais que la CPD sera incapable de garantir que l'auteur du téléchargement illicite est majeur, et on sent que la loi HADOPI 2 promet de bons moments de rigolade"

©Maître ÉOLAS. (cliquez pour la note complète très brillante : ICI)

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Allez, comme nous avons affaire à des imbéciles, je vais le faire à mon tour.

Le coût de mise en œuvre de la loi HADOPI, selon les sources, se ballade entre 70 et 100 millions d'euros pour 3 ans. (on parle même de 200 millions d'euros…). C'est le coût des fonctionnaires qui seront chargés de traquer les fraudeurs (comment ?), récupérer leur adresse IP et email, leur envoyer les messages "C'est pas bien, attention…!" et le coût supporté par Orange, Numéricâble, Neuf, DartyBox, Free, Alice, etc. pour mettre en œuvre cette loi, qui donc ne rapportera pas un centime aux ayant droit, et ecore moins à ses commanditaires, à savoir Universal et Co. Qui va payer ? on s'en fout ce n'est pas le problème…

Allez, on s'amuse : coût moyen d'un CD ou d'un dvd  ? Posons 15 €, entre la nouveauté à 20 € et le truc acheté dans les bacs de soldes à 10 €. Sur 15 €, d'après les quelques infos que j'ai trouvées, la part droit d'auteurs (interprètes, paroliers, musiciens, etc.) est de 25 % env. Et je pose 15 €, je sors la calculette du Iphone : 3,75 €. Tout le monde suit ?

Donc la loi HADOPI est là pour sauver les droits d'auteurs (et non Universal, bien entendu…) des voyous téléchargeurs que nous sommes tous. 100 millions vont être consacrés à ça. Alors je divise 100 000 000 par 3,75 = 26 millions env.  Cela veut dire 26 millions de coupables prouvés (1 Français sur 3) à trouver au minimum et à punir ? Sinon pourquoi claquer 100 boules, hein ? Et puisqu'on est dans les délires, on pourrait aussi conclure que tous nos artistes et cinéastes bien de chez nous pèsent plus 26 millions de CD et dvd invendus à cause de l'Internet ? Ben voyons…

Dîtes, Rue de Valois, Dites, les Députés, vous n'avez pas le sentiments de marcher sur la tête, à défaut de vous foutre de la gueule de vos concitoyens ? Et je glisse sur le mépris d'Universal, Fnac et consort envers ses clients suintant par le surréalisme de cette loi.

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11 juin 2009

Rien. Enfin… (part 2)

Si j'ai opté pour ce mot, enfin, au lieu d'un ouf plus naturel pour saluer la «mort» de la loi HADOPI, c'était pour souligner l'idée que cette gesticulade à laquelle se sont livrés de concert l'Élysée, un Ministre montant aux ordres et des députés défendant l'indéfendable, n'était que politique. Et rien d'autre. Enfin, je l'espère…

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Je ne conteste pas l'idée de punir la mise à disposition et/ou l'usage de copies illégales de musiques, de films et de vidéos en dehors du cercle personnel et familial. Par Internet. Ou tout autre moyen. Et c'est de là que vient le bug de cette histoire : il existe déjà un arsenal juridique pour sanctionner la copie illicite et protéger les droits d'auteurs.

Les maisons de disques ont monté un lobbying fantastique pour finalement désigner comme unique responsable des chutes de leurs ventes, et coupable, le téléchargement entre internautes. Elles ne sont pas interrogées un seul instant sur le prix d'un CD, la qualité de ce qu'il y a dessus, ou ont réfléchi à d'autres modèles ou produits. Bref s'adapter, comme n'importe quelle entreprise face à l'évolution des habitudes et modes de consommations. Mais comme on ne peut pas légiférer pour obliger un consommateur à aller vers tel ou tel service ou profession (on n'a pas fait de loi pour protéger les manufactures de sabots ou l'industrie de la calèche…), il fallait trouver quelque chose de déjà classé illégal. La copie illicite.

Rentre alors en piste les consultants et l'ancien patron d'une grande enseigne de distribution de CD et dvd qui pondent rapports et notes pour démontrer par a+b que c'est la faute au téléchargement et que les lois actuelles ne sont pas adaptées aux nouvelles technologies de communication. On notera donc au passage, qu'en parlant précisément des nouvelles technologies de communication, l'industrie du disque a bien conscience que quelque chose à changer. Mais au lieu de s'interroger, elle convoque les députés sous prétexte d'un vide juridique.

Comme Éolas le rappelle dans certains de ces billets, le vide juridique n'existe pas totalement. Les lois désignent des faits et les sanctions qui vont avec. Tout l'art du juriste (accusation et défense) et de qualifier habilement les faits pour qu'ils rentrent dans les cases. Or des sites de partages de musiques et de vidéos se sont déjà fait taper sur les doigts devant les tribunaux bien avant que l'usine à gaz HADOPI soit mise en route.

Et du côté du pouvoir, on le sait également et en faire usage si nécessaire. Souvenez-vous l'affaire du SMS attribué à Nicolas Sarkozy qui promettait à Cécilia, que si elle revenait, il annulerait son mariage avec Carla. Les avocats du Président ont su parfaitement trouver dans l'arsenal juridique des moyens pour qualifier les faits et menacer qui de droit d'un certain nombre de poursuites. Nous étions pourtant face à un message personnel, qui plus est issu d'un des canaux de ces fameuses nouvelles technologies de communication, et bel et bien en l'absence d'une loi régulant les SMS…

Mais bon, brisons là l'aspect juridique car je n'ai pas le talent et la compétence pour argumenter plus.

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Je reviendrai donc à des questions de bon sens et d'un peu de technique.

À un député on ne peut pas lui demander d'être à la fois un expert en quota laitier, modélisation économique de taxes, fonctionnements d'un hôpital et technologie web 2.0. Je pense à cette vidéo montrant un député à l'accent du terroir demandant ce que veut dire «pirtoupir». Je ne moquerai pas de sa méconnaissance du truc. C'est plus ses "patrons" et les conseillers qui sont à plaindre…

Une loi, ça ne se sort pas du chapeau. C'est un texte qui nécessite des compétences techniques, qui plus est quand il s'agit d'aller fouiller dans les entrailles de l'Internet. Et dans les ministères il y a ce qu'il faut. En experts…

Ainsi ce carnaval sur la loi HADOPI, outre le fait qu'elle ne sera jamais appliquée tant par son impossibilité technologique a être mise en œuvre et autant par les tribunaux car les dossiers deviendront rapidement non plaidables et les juges vite agacés, est révélateur soit d'une incompétence grave de nos gouvernants, soit d'un sens extrême de la politique qui confine au ridicule en niant, contre vent et marées, tout ce que les conseillers du Ministre et de l'Élysée ont dû forcément dire.

Ou les deux.

En attendant le Conseil Constitutionnel a enfin sifflé la fin de partie sur le plan politique.

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10 juin 2009

Rien. Enfin…

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Le Conseil Constitutionnel a la douleur de vous annoncer le décès d'HADOPI survenu brusquement cet après midi dès suite d'une longue maladie parlementaire. Ni fleurs, ni commentaires.

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