Derrière le Paravent Suèdois

Derrière le Paravent Suédois se cache un imposteur qui se fait passer pour une imposture… Donc zéro + zéro égal la tête à Toto…

27 novembre 2009

Rien. Long Life To Pop & Rock.

Télescopage bizarre. Les Inrocks viennent de sortir un numéro spécial : The Beatles, le groupe du siècle. Si ce hors-série n'apporte rien de nouveau pour le fan, il présente l'avantage de soulever le capot de l'œuvre du groupe, titre par titre (rien que pour ça je vous le conseille) et permet de comprendre comment les fab4 ont créé ou préempté toutes «les recettes» de la pop aux niveaux artistique et «industriel» : écriture de tubes interplanétaires en premier lieu, mais aussi méthodes de production, design, cinéma, marketing, relations presse…

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Si c'est eux qui ont gagné le ponpon de «groupe du siècle», et pas une autre formation comme il y en avait des centaines presque similaires à Londres ou ailleurs en 1960, c'est aussi parce ces 4 types (5 au départ) avaient probablement des racines plus «abimées» : le père de John part quand il a 2 ans, il est élevé par sa tante et sa mère meurt renversée par un bus ; à 14 ans Paul voit sa mère balayée par un cancer ; quant à Ringo, jusqu'à 13 ans il enchaîne coma et pleurésie et se retrouve en échec scolaire. Et surtout ils avaient des liens «d'armes» qu'ont a rarement à 20 ans : lâchés à à peine 18 ans (17 pour George) à Hambourg (Allemagne) ils se sont bouffés pendant 2 ans des séries de concerts rock, plus proches du punk et bien avant l'heure, défoncés aux amphétamines et à la bière dans des bars à putes pour marins torchés et petits truands. 

La pop, comme le rock, est un truc qui naît aussi dans la «douleur».

Télescopage donc. Je lis aussi Rock&Folk et sa chronique disques avec beaucoup d'attention. Et comme chaque mercredi avec les Inrocks, chaque mois dans R&F, ça ne rate pas, je tombe sur une pépite.

La pop, la pure, celle nourrie aux Beatles et à la souffrance existe toujours. Daniel Johnston. C'est lui…

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Dans le circuit depuis 30 ans, plutôt underground chez nous, plus connu outre Atlantique, né avec les Beatles (1961), caissier dans un fast food, dessinateur et dépressif avec plusieurs séjours en hôpital psychiatrique au compteur, il enregistre ces premiers titres et albums sur un magnéto à cassettes et les duplique pour qui en veut. Un vingtaine d'albums plus tard – produits dans des conditions plus que limites – ce véritable song writer, avec une voix d'ado dans un corps qui porte manifestement de nombreuses souffrances, nous offre enfin un album écrin avec une poignée de titres comme on n'en pond plus depuis belle lurette (High Horse, Freedom, Without You…).

De la pop, de la vraie, de la pure. De la brute.

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Daniel Johnston - Is And Always Was
On clique sur pochette pour écouter. Son Myspace ICI

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04 juillet 2009

Rien. HIStoryque.

Dire que la mort de Michael Jackson est un événement médiatique sans commune mesure est une lapalissade totale. Mais voilà, chez imposture, derrière le paravent suédois, on considère que c'est un événement historique.

Si, si.

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Historique dans le sens où il marque à sa façon une étape charnière dans une histoire. La mort de Bambi est le symbole absolu d'une autre mort, celle de l'industrie du disque. Une industrie qui a certes explosé en quelques dizaines d'années mais n'a pas su se remettre en question, n'a pas vu arriver l'Internet, et qui aujourd'hui pleurniche en France à l'assemblée pour qu'on lui vote une loi surréaliste et inapplicable pour tenter de sauver les meubles.

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Michael Jackson est le deuxième vendeur de disques de toute l'histoire derrière les Beatles. C'est un fait, qu'on aime ou pas.

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Justement, les Beatles, ils ont révolutionné l'industrie du disque. Avec eux le 33t est passé du stade de galette de vinyl à celui d'album, d'objet. Ils ont inventé le principe du «concept album» avec le Sergent Pepper's Lonely Hearts Club Band. Cet album, considéré par un jury de plus de 250 personnalités mondiales de la musique et des médias comme le premier du classement des 500 meilleurs albums de tous les temps*, provoque un séisme à sa sortie en 1967. Les Beatles ré-inventent tout et posent les fondations de l'industrie du disque pour les décennies à venir. Au delà du wagon de tubes contenu dans cet album, la révolution vient de la qualité exceptionnelle du son, des trouvailles de mixage (huit pistes à l'époque), de l'usage extraordinaire de la stéréophonie, les Beatles étant là dans votre salon, presque sur le canapé ; la pochette reproduit les textes de toutes les chansons ; la photo et la direction artistique sorties de nulle part (en fait de Paul McCartney, qui imposera également la pochette blanche du fameux double blanc…) seront reprises, pompées, détournées.

En 1967, l'album de rock et de pop est né, et l'acte de naissance est signé par les Beatles. À partir de là, tous les groupes de la planète s'attacheront à ne pas sortir des 33t mais des albums. Des albums guidés par une ambiance musicale générale, plus ou moins une histoire déroulée au cours des titres et livrés dans une forme de plus en plus travaillée. L'industrie de la pochette du disque battra son plein avec studios spécialisés et grands noms de la peinture, du cinéma, de la photographie mis à contribution.

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1982. Thriller** sort. Plus de 100 millions sembleraient avoir été vendus à ce jour. Comme les Beatles, Michael Jackson va lui aussi provoquer un deuxième séisme dans l'industrie du disque. Et pour qu'un séisme se propage bien, il ne faut pas qu'il y est trop de choses à secouer, sinon l'onde se disperse et s'atténue. À l'époque point de CD, point de MP3, point d'Internet, point de téléphone portable, mais des chaînes satellite et câble à l'état d'embryons. Canal + n'existe même pas. Bambi va s'engouffrer dans la brèche.

Comme les Beatles vont transformer le vinyl en or, Bambi va transformer le scopitone, qui opère une mue laborieuse, en clip. Il convoque John Landis (de la Bande à Steven Spielberg), Rick Baker, le spécialiste des maquillages de films d'horreur, visionne certainement en boucle le film culte de George A. Romero, la Nuit des morts vivants (1968), et surtout met au point une chorégraphie rentrée dans l'histoire au même titre que la pochette du Sergent Pepper. Ce clip de presque un quart d'heure est alors l'acte de naissance d'une nouvelle industrie du disque qui reposera sur un modèle artistique et marketing redoutable – album CD + singles + clips – relayés par des rouleaux compresseurs qui se nomment MTV, puis M6 et compagnie… Michael Jackson à la fois saltimbanque et homme de marketing (certainement bien entouré, mais plus avisé qu'on ne peut le croire) va dérouler ce modèle méthodiquement pour totalement dominer l'industrie musicale pendant prés de 10 ans.  Au point de pouvoir se payer une grande partie des droits d'éditions du catalogue Sony et des Beatles. Joyaux laissés en héritage à ses enfants…

Là aussi, le modèle Jackson sera scrupuleusement suivi par des générations de groupes, chanteurs et chanteuses avec stars d'Hollywood devant et derrière la caméra.

Si la fin de l'histoire de Michael Jackson est moins brillante tant sur le plan artistique que privée, celle de l'industrie du disque ne l'est pas plus. Car depuis les Beatles et Michael Jackson, a-t-on eu droit à un séisme d'origine artistique suffisamment fort pour que cette industrie mute, évolue, perdure à défaut de croître ?

À ce jour, les derniers séismes s'appellent, ou se sont appelés, CD, MP3, Napster, Itune, Ipod… Rien de particulièrement créatif dans tout ça, à part des trouvailles de technologies.

C'est ainsi que je considère la mort de Michael Jackson comme un événement historique. Il avait signé un second acte de naissance d'une industrie aujourd'hui moribonde, qui ironie du sort sursaute depuis quelques jours par la grâce du roi mort. La cérémonie de mardi au Staples Center devant des milliers des fans, sera également celle d'adieu d'un modèle marketing et économique définitivement mort.

J'espère juste de tout cœur qu'un troisième séisme se produira…

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*Rolling Stone. Éditions White Star. 25 €.
** Toujours par le jury réuni par Rolling Stone,
Thriller est le 20e album de tous les temps.

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11 juin 2009

Rien. Publicité…

Aujourd'hui, c'est vendredi et cours d'histoire Beatlistique.

L'album The Beatles First ne doit son nom qu'au fait que c'est le premier contrat d'enregistrement des Beatles.

À l'époque, 1960-61, le groupe joue dans un club à Hambourg, dans une configuration à 5 : John Lennon (chant et guitare), Paul McCartney (chant et guitare), George Harrison (chant et guitare), Stuart Sutcliffe (basse) et Pete Best (batterie). En fait, ils accompagnent surtout un chanteur guitariste anglais Tony Sheridan.

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Le groupe signe un contrat avec Polydor pour enregistrer avec ce Tony Sheridan et The Beat Brothers. Le disque sort en 1962, sous le titre My Bonnie.

En fait il n'y a qu'un titre signé Harrison/Lennon, un instrumental, Cry For a Shadow, et une chanson interprétée que par les Beatles : Ain't She Sweet. Sur le reste de l'album, ils n'apparaissent en accompagnement et vocals que sur quelques titres.

Pendant l'enregistrement, le jeu de basse de Stuart Sutcliffe n'est pas satisfaisant et c'est Paul qui s'y colle. Il ne lâchera plus la basse. Stuart quitte le groupe et reste à Hambourg avec sa copine pour suivre des études d'arts. Il décède d'une hémorragie en avril 1962.

Quant à Pete Best, il se fait virer en 1962 par les autres membres et George Martin, le producteur et arrangeur du groupe, le fameux 5e Beatles. Il est remplacé par Ringo Star. Pete Best a aujourd'hui un groupe, The Pete Best Band, et vient de sortir un album. Des «experts» considèrent que Pete n'avait pas un moins bon jeu de batterie de Ringo Star et que son éviction est plus liée à son succès auprès des filles qui faisait de l'ombre aux trois autres…

Ce fameux premier disque sera ensuite repackagé dès 1964 en Allemagne, puis en 1967 en Angleterre, pour être vendu comme The Beatles First, avec la photo de Ringo Star, alors qu'il n'a jamais mis les pieds à Hambourg. C'est finalement en ça que ce double LP est collector.

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Mon édition, vinyl of course, date du milieu du début des années 70.

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Mais pourquoi je vous parle de tout ça ?

Hè, hè, rendez-vous bientôt chez Violette

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BONUS


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