«Ce n'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule» Michel Audiard.

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C'est juste impossible ! Il n'y a que deux solutions. Un complot pour éjecter un boss du FMI qui emmerdent les Américains et aussi écarter l'adversaire le plus dangereux de Nicolas Sarkozy. Ou alors, grâce au système judiciaire américain où l'on peut attaquer n'importe qui pour n'importe quoi, à coup sûr, la femme de ménage a vu l'occasion de tirer un gros chèque à l'un des hommes les plus puissants du monde. La preuve ? On ne sait pas qui sait et son pseudo frère était un imposteur. Enfin !? Le boss du FMI, juste avant de prendre un avion réservé depuis belle lurette, qui péterait comme ça un câble ? C'est du suicide ! C'est impossible…

Dans sa vie, on a une chance sur dix de faire un épisode dépressif. Ledit épisode conduit à divers comportements : tristesse, repli sur soi, claquage de fusible, tentative de suicide... Que savons-nous précisément des névroses d'une personne, y compris un proche ? De ses addictions, de ses vices ou de ses pensées tordues ? Si la psychiatrie et la psychanalyse existent c'est que précisément la réponse est loin d'être aussi limpide. À commencer pour l'intéressé(e). Combien de fois avons-nous entendu après un crime prouvé ou un suicide : "jamais, je n'aurais cru ça de lui, pourtant je le connaissais bien !". On ne sait jamais ce qui peut se passer dans une tête, que son propriétaire soit femme de ménage ou président du FMI. Dominique Strauss-Kahn a-t-il pété un câble ? Pour l'instant, seulement deux personnes au monde le savent : lui et la femme de ménage. Le reste n'est que du vent et du brouhaha.

Ce n'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule…

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En revanche, je suis sûr d'une chose : tout le monde a fondu un fusible. Les médias, l'Internet, nous… Qui n'a pas parlé une seule de fois de ce fait divers, car fait divers il s'agit, qui n'y a pas été sa petite hypothèse, de son avis, de la dernière rumeur ou vanne douteuse chopée sur Internet, Twitter ou Facebook ? Entre ragots, reconstitutions sordides en 3D et débats stériles, le ridicule a jonglé avec l'abject et la dialectique foireuse.

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Un penseur à chemise blanche est entré en posture de déni total et a découvert, tel le nouveau-né, les excès des médias et les règles du système judiciaire américains pour conclure à une justice à deux vitesses, celle des personnalités et celle des autres, celle des «quidams». Pensée également développée par un ancien garde des sceaux. Ainsi la justice devrait-elle être différente selon le statut social ? Au même moment un Député de Paris stigmatisait "l'homme peu recommandable", aux "attitudes sexuelles débridées" amateur de "parties fines"… Comment, dans les deux cas, tomber si bas ? Preuve qu'on ne sait pas ce qui peut passer par la tête de quelqu'un…

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Une autorité a joué la tartufferie et le ridicule. Cachons ses images du directeur du FMI menotté ! Mais n'a-t-on pas déjà eu droit à d'autres personnalités menottées ? Ah mais elles n'étaient pas françaises : américaines, italiennes, russes, au choix… Ainsi notre droit et notre «justice» devraient franchir les frontières que pour nos expatriés ? Original, non ? Surtout ridicule à l'heure où la moindre photo, la moindre vidéo, la moindre rumeur fait le tour de la planète en quelques secondes pour s'afficher sur nos PC, nos smartphones… et au journal de 20 heures.

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Et cette femme de ménage ? Quasiment jamais présentée comme une victime, puisque les «amis», les «proches», les «analystes» ont brandi la sacro-sainte présomption d'innocence. Tant que rien n'est prouvé, forcément, il n'y a pas de victime ! Et puis «il n'y a pas eu mort d'homme», comme l'a brillamment souligné un ancien ministre. CQFD. Et la présomption de victime, non ?

Enfin, cette rigolade, ces débats en boucle sur le traitement par les médias de la vie privée des personnes politiques ? On savait ? Quoi ? On a dit ? Où ? Mais si on a dit… Faire de la prévention… Ah ? Et blabla. Dialectique grotesque sur les coucheries, les addictions et les enfants cachés aux frais de la République ? Et que je te mélange tout…

Le pétage de câble devenue maladie contagieuse ? Tout le monde a donc marché sur tête ?

Ce n'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule…

Ce Télédimanche était sur un fait divers : l'histoire d'un homme de 62 ans qui pourrait avoir perdu la tête et violé une jeune femme de ménage ; l'histoire d'une jeune femme qui pourrait avoir été violée par un homme de 62 ans. L'histoire de deux «quidams» pris dans une tourmente effroyable montée en mayonnaise par les autres.

De grâce, qu'on les laissent à leurs douleurs respectives.

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Bon dimanche quand même…