Que peut-il arriver de pire à un entrepreneur ? perdre un client ? un mauvais payeur ? licencier des collaborateurs ? non. C'est la liquidation judiciaire.

Perdre un client, c'est une occasion d'avoir une réflexion sur sa stratégie et de trouver des mesures correctives. Un mauvais payeur ? On peut s'arranger avec la banque, voire faire un procès. Licencier ? Si un collaborateur a commis une faute sérieuse, alors pas de pitié, le business, ce n'est pas de la philanthropie. Et si le licenciement est dicté par une baisse d'activité et de rentabilité, il doit être vu comme une solution de sagesse avant que le bateau coule en emportant tout le monde.

La liquidation judiciaire, c'est justement le bateau qui coule. L'acte final humiliant pour le chef d'entreprise car il n'est plus le capitaine au moment du naufrage. Avant cet ultime échec, il s'est trouvé dans une situation terrible : celle où il a dû (enfin) admettre que son entreprise va très très mal et se déclarer en «cessation de paiement» au tribunal de commerce. Dès cet instant, le chef d'entreprise est placé sous administration judiciaire. Expulsé provisoirement… ou définitivement. Selon la décision de la justice. Grosso modo, 3 issues :

- Dans le meilleur des cas, un plan de continuation est accepté si le chef d'entreprise démontre qu'il peut sauver l'affaire avec des licenciements à la clé, l'arrêt d'une activité, un changement de stratégie réaliste… En échange on lui accorde un gel des dettes pendant un certain temps. Si il réussit, il transformera un échec en succès…

- Le tribunal estime que le chef d'entreprise ne peut pas redresser son affaire. Reste plus qu'à espérer qu'un bon samaritain se présente pour la reprendre, avec souvent de violents sacrifices : licenciement en masse, abandon de dettes, vente de biens… Seul le tribunal décide de donner suite à la légitimité de l'offre du repreneur.

- Enfin, la sentence ultime. Le tribunal juge que l'électrocardiogramme est définitivement plat, repreneur ou pas, et prononce la liquidation judiciaire. La mort. Entre en piste le fossoyeur : le liquidateur judiciaire. Sur le champ, il licencie tout le monde, saisit les comptes de la société et va tout vendre : locaux, stocks, machines, bureaux… Les PC sont cédés au kg pour quelques centaines d'euros et les fournisseurs n'ont que des miettes ou leurs yeux pour pleurer. Des années de travail, d'histoires communes, sont réduites au néant, en quelques semaines parfois…

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J'ai vécu ces violences de l'entreprise. Une agence où je travaillais a été liquidée. Mes derniers salaires ont été payés par un fond spécial de l'État. À deux reprises, mon agence a dû subir des factures transformées en ardoises par des clients mis en redressement judiciaire (et pas des petits annonceurs, loin de là…).

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Je n'aime pas les enterrements. Comme tout le monde… Alors faire la fête ? bof…

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Mac ou PC ? Beatles ou Rolling Stones ? CBNews ou Stratégies ? J'ai lu sans interruption CB News depuis le début, dans les années 80. Dès l'époque Communication & patte de Lapin, Communication & Bidule, etc. Qui s'en souvient ? J'avais répondu à leur appel «Comment relancer la machine ?» ; nous y avions acheté quelques pages de pub… Ces putains de pages de pub qui leur ont fait défaut. Quels étaient les derniers rares annonceurs de CB News ? des médias, des autopub, des fabricants de goodies… et quasiment plus aucune agence. Alors, pourquoi serais-je allé m'incliner devant le cercueil de CB News au VIP hier soir ? 

mad_men

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Ce jeudi matin, alors que nous ne sommes pas abonnés, nous avons reçu Stratégies. Spécial Luxe…

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