Je n’avais plus entendu ce nom depuis mes cours d’électricité en école d’ingénieur. 25 ans, maintenant. Tesla. Le père du courant alternatif. Sans vouloir vous ennuyer, au départ le courant est continu, naturellement. Seulement pour alimenter un grand réseau, ce n’est pas terrible. Alors un type nommé Nikola Tesla (1856-1943) a mis au point le courant alternatif. Ne me demandez-pas pourquoi et comment, j’ai largement oublié, et en plus j’étais archi-nul en élec, j’ai dû repasser les examens de septembre pour passer en deuxième année… Remarquez, cela ne m’a pas empêché de bosser 2 ans à EDF. J’ai dû faire illusion.

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Justement en parlant d’illusion, de tours de passe-passe, c’est un truc qui me fascine depuis que je suis gosse. J’ai eu une collection incroyable de boîtes de magie et de bouquins : Gérard Majax, Dominique Webb, Kassagi, etc. J’en ai bûché des tours au collège, pufff. Enfin, c’est comme l’élec, j’ai tout oublié, sauf un truc de base, enfin à savoir qu’il n’y a pas 36 trucs en fait. Le trucage de base est toujours le même, sauf que ce sont la présentation et la mise scène qui changent et font que l’on est un peu plus impressionné à chaque fois. Par exemple, voler au-dessus des gens, on sait le faire depuis des lustres, peut-être la fin du XIX. David Copperfield, qui a ébloui la galerie au début des années 90, n’a fait que revoir la mise en scène de grands classiques. Enfin, son meilleur tour c’est quand même son mariage avec… Bon, je m’égare…

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Je viens au fait. The Prestige, réalisé par Christopher Nolan, qui nous avait pondu un très bon Batman Begins, est un film qui repose sur un seul truc. Difficile de parler de l’intrigue sans dévoiler des indices, tant ce thriller de magiciens est palpitant et riche en rebondissements.

Fin XIX. Les spectacles de magie sont encore plus à la mode que le Grand Cabaret de Sébastien et à Londres «s’affrontent» deux magiciens. À celui qui aura le tour le plus balèze. Mais comme je l’ai dit, il n’y a généralement qu’un seul truc… Oulala, j’en ai déjà trop dit.

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Si la suite ne vous intéresse pas, je résume, j’ai pris un pied rare, et je vous conseille vivement ce film. Voilà…

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Oui, alors que vient faire Tesla dans cette note ? Bah, il est dans le film et fabrique une machine (comme il en a fait des wagons, tenez, je vous ai dégoté un plan…). Et en plus celui qui tient le rôle, un bail qu’on ne l’a pas vu au ciné. Pas mal ! Comme je n’ai pas l’intention de vous parler du truc, ne comptez-pas sur moi pour vous dire qui joue…

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Dans le film, Tesla a des problèmes avec des collaborateurs de Thomas Edison. En vrai, Tesla a vraiment travaillé pour Edison, autre inventeur génial. Tout le monde sait qu’il a inventé l’ampoule et l’éclairage public.

Mais ce qui m’a plu, en bonus, on va dire, dans ce film, c’est un parallèle, presque une mise en abîmes volontaire ou accidentelle, entre la course pour l’invention du cinéma, et la guerre du showbiz que se font les 2 protagonistes.

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Le cinéma repose lui aussi sur truc, une illusion. Ce qui se passe réellement sur l’écran n’est qu’une vulgaire projection de diapos. Vite. 24 diapos à la seconde pour être précis. Seulement, voilà, comme notre rétine s’embrouille au bout de 9 ou 10 images à la seconde, le cerveau fait de la mayonnaise et «croit» voir un mouvement. Notre rétine ne s’embrouillerait pas, le cinéma n’existerait pas, purement et simplement…

Cette embrouille de la rétine, on la connaît depuis la fin du XVIII. Tout c’est accéléré à la fin du XIX avec l’invention de la photo et des progrès considérables en mécanique et optique. En fait, la mise au point du cinéma butait sur un vulgaire problème de mécanique. Comment passer plus de 10 diapos à la seconde ? Autrement dit comment faire défiler et s’arrêter un dixième de seconde devant l’objectif d’un projecteur (qui existait déjà depuis au moins Louis XV, la lanterne magique) au moins 10 diapos à seconde ? Anglais, Français, Russes, Italiens, etc. Tout le gratin des inventeurs et des industriels est sur le pont. Pourquoi ? Parce qu’ils ont tous compris qu’il va y avoir un pognon fou à se faire en projetant des images animées devant les foules. Les studios et les films sont nés avant même l’invention de la caméra.

Edison est aussi un homme d’affaires redoutable et a une intuition de génie. Ces putains de diapos, mieux vaut les mettre sur un ruban avec une perforation. Alors, Edison invente et dépose le brevet de la pellicule 35 mm, tout simplement ! Et il commence à construire des studios, alors que les frères Lumière n’ont même pas tiré un seul trait des plans de leur fameuse caméra qui résoudra tous les problèmes.

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C’est cette couche subliminale dans Le prestige que j’ai aimée. Le combat de 2 magiciens pour le truc le plus fou pour avoir le plus grand théâtre et vendre les billets les plus chers. Tesla fabrique une machine pour un tour hors du commun. Edison lui court après… Tesla tire sa révérence, et les hommes d’Edison aussi. Le spectacle va être ailleurs. Dans des sales obscures, toujours avec un truc unique, juste une illusion…

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Le cinéma à ses débuts a tué les magiciens. Même Méliès, n’y a pas survécu…

Mais le prestige est Le Prestige. Et ça, cela n’existe pas au cinéma…


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The Prestige – 2006
Réalisé par  Christopher Nolan 
avec Hugh Jackman, Christian Bale,
Michael Caine, Scarlett Johansson et…

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