Derrière le Paravent Suèdois

Derrière le Paravent Suédois se cache un imposteur qui se fait passer pour une imposture… Donc zéro + zéro égal la tête à Toto…

21 avril 2006

J'aime quand c'est jubilatoire.

J’aime le cinéma. Hubert, lui dit «J’aime les panoramas», ou «J’aime me battre», ou «J’aime les brunes aux yeux marron», ou «j’aime qu’on me passe de l’huile sur le dos»… Hubert est naturel. Très naturel. D’ailleurs un des personnage se demande si finalement il est totalement con ou supérieurement intelligent.

J’aime le cinéma. Le bon vrai cinéma. Cet instant de fête populaire, où chacun, toutes classes confondues, se glisse dans un fauteuil de velours rouge, face à la toile blanche. Souvenirs d’enfance, fin des années soixante. Premiers cinémas. Technicolor et son mono. Réclames débiles et rideau devant l’écran avec les annonces locales peintes (le restaurant Chez Germaine, la discothèque Le Copacabana, le garage Simca), les esquimaux Miko ou les Picorettes…

Hier soir, j’ai pris la machine à remonter le temps. Je n’étais pas en 2006, mais en 1969… Merci Hubert…

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Une bande-annonce sert à annoncer un film, comme son nom l’indique. La tendance depuis un moment est hélas de tout mettre dans la bande-annonce, si bien qu’à la vision du film, il y a plus souvent déception. Et pour une comédie, où l’on est censé rire, ne plus avoir de gag à se mettre sous la dent, c’est ennuyeux.

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Je vais être simple : la bande-annonce de OSS 177, que tout le monde a dû voir 25 fois, vu le plan média fait autour, est juste une bande-annonce. Les autres wagons de gags, et meilleurs, ne sont pas dans la bande-annonce. Je me devais de le préciser pour ceux qui se posent des questions…

OSS117, le Caire, nid d’espions, est un régal total.

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Rigolo, drôle et souvent hilarant. C’est le premier contrat que remplit avec élégance Jean Dujardin, et le casting de classe qui l’accompagne, dans cette comédie française comme on n’en fait plus depuis des lustres.

Les auteurs (Michel Hazanavicius, également réalisateur, et Jean-François Halin, ex-auteur des Guignols de l’info sur Canal +) font preuve d’un talent rare, et ils ont réussi à recréer un style qui lorgne du côté de Lautner, Broca, ou Audiard, tout en apportant une touche personnelle et originale.

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Tous les registres du comique sont explorés (burlesque, visuel, situation, dialogue, non-sens, running gag) et forment un tout parfaitement harmonieux et fluide. Le rythme est bon, ni trop soutenu, car dans ce cas le risque aurait été de s’essouffler à la deuxième bobine, ni trop lent, parce que le spectateur en redemande toujours.

Il y a, bien entendu, une série de grands moments, véritables crises de fou rire (non-vus dans la bande-annonce et ne comptez pas sur moi pour les dévoiler…) qui deviendront certainement des moments cultes. Justement, je prends les paris suivants : ce film va cartonner plus que Brice de Nice, l’audience étant plus large ; Il se vendra bien à l’étranger, et probablement aux USA ; Et enfin, il y aura une suite. Rendez-vous dans 2 ou 3 ans…

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Magistral et jubilatoire. Dans le film, Hubert Bonisseur de la Bath a une véritable mission à accomplir. Oh, un truc simple : calmer une crise au Caire entre groupuscules et ramener la paix au Moyen-Orient. La routine quoi…

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Et comme dans un bon vieux nanar des années 50/60, les premières séquences sont folkloriques (Euh, traditionnelles…) avec visite du Caire, exposition d’une pléiade de personnages, installation des bases des running gags avec autochtones à double ou triple jeu… Ensuite l’intrigue se complique en un vrai film d’espionnage façon James Bond et le titre, nid d’espions, prend alors sa pleine dimension.

OSS117 est non seulement une succession de gags mais aussi un véritable film de genre avec ses embrouilles, trahisons et méchants agités du bocal…

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J’aime le cinéma. Et OSS117 est une déclaration d’amour au cinéma des années 50 et 60, un hommage remarquable aux Bond, les vrais avec Sean Connery, certains Hitchcock, les comédies policières et d’espionnage avec Ventura, Paul Meurisse (Le monocle), Belmondo (Le magnifique)…

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Michel Hazanavicius a indiscutablement une grande culture cinématographie et l’on sent que la production a sévèrement bûché avant les premiers tours de manivelle. Et c’est là où ce film atteint une dimension jubilatoire. Non seulement le jeu de tous les acteurs est excellent et le scénario béton, mais en plus c’est un véritable régal artistique.

Séquence d’ouverture comme dans un bon James bond, puis générique fantastique hommage à Saul Bass, en moins de 10 minutes, le réalisateur nous propulse 50 ans en arrière.

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Avec une photographie, des lumières et une palette chromique comme on n’en fait plus depuis 40 ans, des costumes, accessoires et décors absolument d’origine chaque plan est ultra travaillé, et le moindre figurant a une gueule échappée d’une bande d’actualité Gaumont d’époque. La reconstitution de ce cinéma ne se limite pas qu’à la photographie mais est aussi dans les dialogues empruntant à cette période d’insouciance le vocabulaire, les expressions, les marques (Gag élégant et subtil d’OSS117 demandant un apéritif avec catalogue de vins cuits aux noms collector…) et aussi dans la gestuelle, la manière de marcher, de courir, de se battre, de conduire devant une rétro projection floue…

Un boulot d’orfèvre !

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Comme vous dites Hubert Bonisseur de la Bath alias OSS17, au service du Président Coty, j’aime quand c’est jubilatoire.

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Drivin' Around The Block - Dickie Harrel - 1960
From Compilation Siesta Party - Nova

Posté par imposture à 16:16 - Chroniques en Canson - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Bonus

Je viens de m'offrir la BO. C'est une BO originale, et pas une série de reprises ou une compilation comme c'est un peu trop la tendance marketing.
Ludovic Bource et Kamel Ech-Cheikh signent une musique dans la plus grande tradition des années 50. Voluptueux. Rare…
Ceci dit, il y a tout de même une reprise qui vaut son pesant de loukoums (je vous laisse découvrir au ciné avant ques les radios et les TV nous la bombardent avec clip qui arrachera grave…).
Et enfin un bonus caché avec un wagons de répliques. Jubilatoire, je vous dis.

Le culte est en marche…

Posté par imposture, 21 avril 2006 à 20:41

Oh...Jack...;-)

Posté par Kalila, 22 avril 2006 à 13:21

Kalila > tu as vu ? tu as aimé ?…

Posté par imposture, 22 avril 2006 à 23:13

Je l'ai vu hier avec l'agneau, un vrai régal !!!! j'ai adoré d'un bout à l'autre et le titi aussi... je crois que tous les deux sommes devenus fan de Jean Dujardin
merci pour ce poste qui prolonge le plaisir !

Posté par zesheep, 24 avril 2006 à 09:57

J'aime quand zesheep vient commenter sur mon blog…

Posté par imposture, 24 avril 2006 à 12:41

Je ne dirai qu'un mot : enormeeeeeeeee !

Posté par sophie kune, 28 avril 2006 à 15:47

sophie > thanks ;-)

Posté par imposture, 28 avril 2006 à 23:05

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